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jeudi 6 juillet 2006

On tend vers zéro

Virologie :

Sérodiagnostic du HIV 1 et 2

Conclusion : le test est négatif

Technique 1 Ortho VITROS Anti HIV1 + HIV2
Technique 2 Vidas HIV DUO Quick


Voilà ce que j’ai eu dans ma boîte aux lettres ce soir. Mes connaissances en médecine sont très limitées, mais il semblerait qu’à ce jour, je sois encore séronégatif. Mon médecin m’a dit « si ce test est négatif, on tend vers zéro, rien n’est gagné, mais c’est déjà très bon signe ! ».

Grande démonstration de l’art de la psychologie en milieu hospitalier ! Verdict final le 9 août. J’y crois encore…


Gauthier croyant.

lundi 3 juillet 2006

La peur au ventre

Aujourd’hui je suis malade. Bon, je vous rassure tout de suite, je ne suis pas à l’article de la mort. Mais je suis un peu trop indisposé pour rester 8h30 dans un bureau de La Défense (problèmes gastriques). J’en profite donc pour faire du rangement dans mes papiers, et je retrouve des ordonnances. Là je panique, ça fait trois mois cette semaine, et j’avais complètement oublié !

Et oui, déjà trois mois que je me suis retrouvé (pas tout entier, juste mon sexe), dans l’anus d’un séropositif avec un préservatif explosé… Trois mois, c’est l’heure du verdict… On en parlait avec Nina dernièrement, ni l’un ni l’autre n’envisageons que je puisse être séropositif, est-ce un bien ? (optimisme) Est-ce un mal ? (insouciance, inconscience). Je ne sais pas, c’est juste un fait…

Je décide donc d’aller à l’hôpital, pour être fixé. Sur le trajet, je croise ma deuxième angoisse. L’attentat terroriste ! Je m’explique… J’arrive sur le boulevard en bas de chez moi, et là, de la fumée partout. Je ne distinguais plus les immeubles d’en face. Je regarde partout, personne… Je passe devant la station de métro, une femme en sort avec un foulard sur la bouche, la fumée vient du métro. Une fumée épaisse, blanchâtre, peu odorante, peu étouffante, mais bien réelle. Il y a eu un attentat ? Panique, panique, panique, panique, paniiiiiiiiiiiiiiiiiiique !!!!

Oui je suis complètement traumatisé par les attentats. J’en ai peur, mais vraiment. J’y pense à chaque fois que je monte dans un RER à l’heure de pointe. Je sais c’est débile, mais je ne peux pas m’en empêcher. Tant et si bien que je sais que si ça doit péter je serais forcément dedans (voilà, ça recommence…)

Bon je vous rassure de suite, je ne sais toujours pas pourquoi la station de mon métro était enfumée à midi, mais ça doit pas être grave, vu qu’ils n’en parlent nulle part.

Pour ce qui est de la cause de la première crise de panique de la journée, je serais fixé en Août, et oui il faut attendre 4 mois après l’exposition pour être sûr. Je l’ai appris aujourd’hui… Des fois la science me désespère…

Promis, je me remets au Lexomil et j’arrête de flipper tout le temps ;)


Névromaniaquement votre, Gauthier.

jeudi 15 juin 2006

Triste vie

Je suis en manque de tout, de sexe, d'alcool, de drogue, d'amour, d'argent, de sommeil, de fun... Et j'en oublie!!! Par contre je suis en overdose de pollution, de Paris, de parisiens, de mon boulot, de stress, de manque de tout ;) (en overdose de manque? C'est joliment dit non?). Bref c'est fou ce que je rigole en ce moment... En fait si je rigole. La moindre occasion, je la saisis : Nina qui dit une bêtise, Nina qui fait une bêtise, Nina qui dit qu'elle va faire une bêtise!

Putain je viens de me rendre compte que si j'avais pas ma Nina, je me serais ouvert les veines depuis longtemps... Mais ça on le savait, Sainte Nina priez pour nous pauvres pécheurs (YES C'EST BON LE PÊCHÉ!!!!). Enfin je ne vais pas vous faire l'hagiographie de Nina, faut pas déconner non plus. Parlons de moi... Après tout, nous sommes là pour ça, non?

Bon je voulais faire un article triste, mais en l'espace de 2 min (le temps d'écrire ces deux paragraphes), mon humeur a changé, et je suis tout content (ne me demandez pas pourquoi, je suis lunatique, je suis incapable de savoir pourquoi je suis heureux ou malheureux...). Je vais quand même vous parler de mes déboires sentimentaux.

Présentation des personnages:

L'ex : Une année tumultueuse passée ensemble, je le trompe, je le largue, je l'aime pas, puis je l'aime, il s'éloigne, il revient, mais reste "loin", puis part définitivement. Moralité: je passe 4 ans à déprimer à la simple mention de son prénom (que j'adore, et j'arrête pas d'en rencontrer d'autres en plus, et ils sont tous beaux!!!). Mais on garde contact. La relation se normalise avec le temps, même si de temps en temps je pète un plomb parce que je l'aime.

L'américain : Il passe un mois dans ma vie, un mois de rêve, un mois d'insouciance, il ne fallait surtout pas penser au lendemain, puisque il repartira à Seattle... Un mois à me promener main dans la main avec LE mec parfait, beau, intelligent, qui fait des études de Sciences Politiques et de journalisme, et surtout qui me dit qu'il "m'aime beaucoup"...

Le Gauthier: névroso-psycho-socio-déprimo-alcoolo-sexo-pathe (en remission? nan...)

Donc les personnages sont plantés, le décor aussi, passons au déroulement de l'action... Le Gauthier se retrouve en phase d'intense réflexion post-traumatique (je rappelle donc l'incident de préservatif et la trithérapie préventive d'un mois qui s'en suivit pour ceux qui prennent le blog en route), il a du temps pour réfléchir, puisqu'il ne baise plus. Oui conscience de merde qui m'interdit de baiser avant d'avoir les résultats définitifs en juillet grrrrr

Et là il se repasse ses films. Je suis sûr que vous faites pareil. On s'ennuie, on trouve la vie triste et morne, et on se repasse les moments de joies et d'extases (réelles ou pas...). Moi je me repasse donc successivement de folles nuits de sexe, et de fous moments de romantisme... Alors j'avoue que quand je repense à mes folles nuits de sexe c'est plutôt le soir avant d'aller au lit, quand je vois que le mien est complètement vide, et que je n'ai que ma main droite pour me faire du bien. Les moments de romantisme surgissent plutôt quand je passe le long de la Seine la nuit et que je me rends compte que personne ne tient cette foutue main justement, et que je suis seul à profiter de la fraicheur de la soirée et du romantisme de la ville de Paris (à la tombée du jour cette ville devient un décor pour film!!!! C'est flippant!).

Bref le gaugau il est tout seul, tout seul, tout seul... Et ça lui pèse... Alors il déconne! L'américain ne donne pas de nouvelles. Il m'envoie un mail au moment de mon anniversaire, pour me demander mon adresse postale "au cas où il ait quelque chose à m'envoyer", ça sent le cadeau à plein nez ça!!!! Depuis je dors dans ma boîte aux lettres, alors ok j'ai l'habitude de vivre dans un petit appartement, mais passer un mois dans une boîte aux lettres, ça laisse des traces... Bref comme vous pouvez le soupçonner à ce jour je n'ai toujours rien reçu :( Et en plus je n'ai plus de nouvelles. Trois semaines sans le moindre mail, et c'est long. Alors ok on ne s'est rien promis, il n'y avait rien à promettre, 10 000km c'est de la SF... Mais il devait (peut-être) revenir passer quelques jours cet été, et (sûrement) venir faire une année d'étude à la Sorbonne à partir de cet automne. Alors moi qu'est-ce que je fais? Je joue ma pénélope... Mais bon comme je sais pas tricoter c'est beaucoup moins glamour... Enfin je reçois un mail pour me dire "je vais bien, je travaille beaucoup, je sais pas si je pourrais venir te voir, on en reparle, bisous, tu me manques", je résume mais à peine... Moralité: je suis remonté dormir dans mon lit, je déteste ma boîte aux lettres...

L'ex s'est beaucoup inquiété quand il a su pour mon état de sérologie incertaine... Il m'a fait (un peu) la morale, et il m'a dit qu'il était là si je voulais en parler, si j'avais besoin d'aide, blablabla... Moi pas bien, moi malheureux, moi tout seul, moi vouloir câlin de mon ex... (si en fait il y a une logique dans l'enchaînement psychologique de ces faits, mais cet enchaînement est très personnel, ça c'est sûr!). Donc je commence à l'appeler, le texter, le mailer, bref lancement du plan "harcèlement de l'ex". Je l'aime beaucoup, c'est un garçon adorable, mais il a un énorme défaut: quand il bosse, il bosse. Et donc je peux passer 3 semaines à l'appeler tous les jours, s'il n'a pas le temps/envie de répondre, il ne le fera pas, quelque soit la raison de mon appel (j'ai déjà essayer le chantage au suicide dans des grands moments de déprime, ben ça marche pas non plus... Peut-être qu'il me connaît suffisamment pour savoir que c'est du bluff!). Donc voilà je passe 15 jours sans news... Et un matin je sors de boîte complètement bourré, et le gentil ex overbooké m'avait laissé un message "désolé de pas avoir répondu, je suis en week-end, on se voit bientôt", quelque chose dans le style... Gentil, pas trop froid, mais certainement pas chaud... Et là j'explose, et je l'insulte par texto! Bon certes il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas top garder, sinon ça sort n'importe quand, et moi je me suis retenu pendant 1 an de l'insulter, mais c'est vrai que depuis j'ai plus rien à lui reprocher. Mais il a fallut que ça sorte là, à ce moment-là précisément... Il s'en est pris plein la gueule le pauvre. Et moi j'ai eu très honte pendant 4 jours. Puis après réflexion je me suis dit "vaut mieux tard que jamais", donc ça tombe pas du tout dans les temps, mais au moins il sait ce que j'ai eu sur le coeur pendant des mois et des mois. Bon je ne suis pas sûr de le revoir tout de suite, mais il semblerait qu'il ne m'en veuille pas, et qu'il mette ça sur le compte de l'alcool... Tant mieux pour moi...

Voilà donc je pars un peu en vrille... Et pour couronner le tout, je me fais draguer par des hommes... Si si si si, des hommes, c'est dégueulasse non? (Je crois que je déraille...). Enfin pas tant que ça non plus. Mais bon ça reste virtuel! Ben oui: je peux pas baiser, et je me vois pas tomber amoureux, alors que faire? Il faut attendre Pénélope, il faut attendre...

Gauthier-Pénélope

lundi 8 mai 2006

C’est l’heure du bilan

Voilà cette nuit, j’ai pris ma dernière dose de trithérapie. Cet acte clos un mois de traitement préventif. Un bilan s’impose. Ce mois fut riche en nouveauté et en introspection en tout genre. Je rappelle que je n’ai pas pris de cuite, que je n’ai pas eu de vie sentimentale ou sexuelle, que je n’ai pas fait la fête (enfin pas trop), bref je me suis rangé pendant un long mois !

L’alcool :

Au début je ne pensais pas pouvoir tenir un mois sans sortir et sans boire. J’en étais arrivé à un tel point d’angoisse que je me suis senti complètement alcoolique. J’ai donc repoussé ma soirée d’anniversaire, et je me suis enfermé chez moi les trois premières semaines. Bon en même temps ça tombe bien, j’avais mes examens à préparer, et c’est pas accroché à un comptoir en boite à 6h du mat’ que je révise le mieux.

Mais une fois passés lesdits examens, que faire ? Je me retrouve en vacances, sans cours, sans devoirs à rendre, sans examens à préparer, sans boulots, sans stage, donc je suis bien en vacances, et je dois rester sage ? AAAAAAAAHHHHHHHH mais ce n’est pas possible ! Le samedi suivant une collègue de promo me propose de venir festoyer chez elle, en banlieue, avec 60 potes à elle. Arf je dis oui, je dis non, et puis en fait, j’y vais, je m’emmerde, je veux voir du monde. Donc directement après ma prestation au Stade de France, je file les rejoindre. En effet il y a du monde, et surtout de l’alcool pour un régiment en perm’. Je bois du coca, personne n’est au courant à la fac, et je me fais engueuler :

- Tu as du Whisky dans ton coca ?
- Non, j’aime pas le Whisky…
- Ben tien prend de la vodka je sais que tu aimes ça !
- Non, merci, je vais d’abord boire des sodas, et je prendrai un verre après.
- Gauthier, t’es malade ? Ça va pas ? Tu veux m’en parler ? Il y a quelque chose de grave ?
- …


Elle s’est complètement affolée devant ma sobriété totalement inhabituelle ! Il faut dire que la dernière fois que je l’avais vu en soirée, je l’avais embrassé-pratiquement-violée-contre-un-mur, et là j’étais tout sage avec mon coca, forcément ça choque !

Un peu plus tard, je me suis autorisé une déspé. J’ai eu chaud, comme jamais de ma vie, genre ménopause en pleine action !!! La gouttière dans le dos et tout, et tout ! Je file avec le dernier RER et je vais en boite dans Paris. Juste pour voir du monde, et danser un peu. Et là c’est le drame, on m’offre 45 verres dans la soirée (non je ne suis pas de Marseille ! En fait on m’en offre 5). Le premier, je prends une vodka sunrise, et ensuite je demande du coca. Les mecs me regardent de travers. Un me dit de façon complice « toi aussi tu as gobé ou sniffé pour t’éclater ? Tu as raison, l’alcool c’est pour les nuls ! ». Mais même pas !

Samedi dernier rebelote, je fête mes 25 ans avec les quelques amis que j’ai ici, et on se retrouve à 10 chez moi avec plein d’alcool. Et moi j’ai bu un malibu orange à 23h et une vodka sunrise en boite à 4h. Forcément le barman gentil, m’offre une autre vodka sans me demander mon avis et il me la pose direct sous le nez, Nina l’a bu ! Elle était un peu saoule la Nina, parce que tout ce que je n’ai pas bu samedi c’etait pour elle. Je l’ai même shooté au poppers (grand moment d’hystérie collective dans sa tête à elle toute seule!). Et moi je me suis retrouvé pour la première fois de ma vie à manger un kebab à 7h du matin complètement sobre ! Ça fait peur non ?

Le sexe :

Dans ma vie, j’ai eu entre 250 et 300 partenaires sexuels différents. Oui je sais avoir une telle fourchette implique un semblant de mythomanie récurrente. Mais en fait c’est que moi je pense être dans les 250, et mes amis me soutiennent que je suis à 300. Alors pour faire plaisir à tout le monde, je dis ça. Je ne tiens pas de calepin, je remarque juste que j’ai en moyenne 1 mec différent toutes les semaines qui partagent ma couche (donc environ 50 par ans, sur 5 ans de vie activement sexuelle, ça fait 250, je sais, je suis trop fort en maths !). Bref moi mon record d’abstinence c’est 17 jours. En fait après mon accident en 2003, je me suis retrouvé dans l’incapacité d’ouvrir la bouche, pour du sexe c’est pas top, et puis accessoirement je souffrais. Mais au bout de 17 jours donc, j’ai appelé un plan cul avec un tout petit zizi, pour ma rééducation ! Oui je sais, je suis ignoble, mais n’empêche que j’ai récupéré rapidement du coup. Mon chirurgien m’avait dit « vous avez vraiment bien fait votre rééducation, vous récupérez à une vitesse folle, félicitations ! », oui j’ai mes propres techniques !

Donc là je dois tenir jusqu’en juillet, ce qui fait trois mois. Oui si je veux être sûr de ne faire courir aucun risque à mes partenaires, il faut que j’attende d’être sûr d’être séronèg. Mais là encore le défi est intenable. Mardi dernier, j’ai craqué, soit 22 jours d’abstinence. J’explose mon précédent record ! Mais là, madame-la-bite a fait la grève. Elle fonctionne, je me suis masturbé pendant le traitement, donc je suis physiquement capable d’avoir une érection suivie d’une éjaculation. Mais ça bloque quelque part, alors me voilà impuissant ???? AH NON, PLUTÔT CREVER !!!!! Et c’était pas de la petite panne, genre, je mets la capote, je débande et ça repart, non rien du tout pendant une heure et demie d’acharnement ! Du coup j’ai mis un plug dans le cul d’un mec pour la première fois de ma vie. Au moins ça m’aura permis de faire dans la nouveauté.

J’ai très envie de faire des câlins, en fait j’aimerais être avec un homme de façon plus conventionnelle (je crois qu’on appelle ça un « couple », mais je suis pas sûr, j’ai pas l’habitude !). Ce qui est sûr c’est que je ne vais pas tenir sans sexe encore deux mois, il va falloir que je passe outre tout ça et que je retrouve ma capacité à exploser les anus à tour de bras !

Voilà pour le petit bilan. Ce soir Nina m’offre un resto, elle est heureuse en ce moment et elle veut me faire plaisir, ça tombe bien, ça me fait plaisir. On va donc aller manger un tartare dans le marais (les connaisseurs savent immédiatement où nous allons !). Demain j’ai un entretien d’embauche, mercredi encore un autre, et si je peux jeudi direction Toulouse pour voir mes amis et ma famille, et mon filleul qui me manque de plus en plus !

vendredi 5 mai 2006

Malade

Oui je suis malade, alors étant donné mon côté dramatisant hypochondriaque, autant dire que je suis à l’article de la mort ! En fait je pense que c’est ma faute. Je vous explique vite fait. Le traitement m’oblige à me sustenter deux fois par jour pendant un mois. Depuis que j’ai 18 ans, je ne mange plus. En fait je fais des sessions « rattrapage », histoire de pas tomber dans les pommes. Donc en gros : je mange pendant 48h comme un somalien à qui on a parachuté son sac de riz, et puis pendant 3 ou 4 jours je vais boire (alcool ou pas ça dépend si c’est le week-end), et manger des sucreries. Oui je sais comme hygiène de vie, on peut mieux faire.

Mais bon ça marche, et je maintiens un poids correct (bien que trop élevé cette dernière année, mais bon après 3 ans d’anorexie, la moindre cellule graisseuse a tendance à traumatiser sa pédale !). Et là on me dit « Allez hop, trois repas par jours ! », déjà dès le départ je suis tombé à deux, faut pas pousser mémé. Et puis au bout de 15 jours, je passe mon jean préféré, et là c’est le drame : 15 min pour le fermer ! NON MAIS JE RÊVE !

Si je fais ça encore 15 jours, je vais ressembler à une barrique ! Donc déclenchement de l’opération « belle et svelte ». Oui parce qu’il est hors de question que je me refasse une garde-robe pour un mois, ou pire que je me promène en jogging. Je suis sous trithérapie, je suis pas malade ! Je peux et je dois sortir de chez moi. En plus j’ai plein d’entretien d’embauche, ma vie va à mille à l’heure en ce moment, je dois être au top.

Donc je reprends mon régime de départ. Et là forcément c’est le drame. J’ai la force vitale du poulet mort. Oui, une trithérapie, ça crève, une carence en protéines, ça crève, alors les deux en même temps ça épuise sa pédale ! Là je viens de me lever, après une nuit agité à cause de mon ventre, de ma tête, et surtout de mes voisins qui ont bien fait du bruit en permanence. Il faut ajouter à ça que je ne peux pas me lever sans avoir la tête qui tourne, et qu’à l’idée d’avaler autre chose que du coca, j’ai la nausée. Voilà des conditions parfaites pour passer la visite médicale à mon futur boulot à 16h30.

Si quelqu’un s’y connaît en magie noire, blanche, verte ou bleue je suis preneur. S’il y a des croyants dans la salle, je prends aussi, enfoncez vous un cierge quelque part pour moi, je vais en avoir besoin !

Allez hop, le mourant va repasser sa plus belle chemise pour impressionner les docteurs ! Bisous les enfants.

Gauthier sous perf’

PS : fin du traitement dimanche soir. Message perso : tous ceux qui le souhaitent sont invités à se pinter la gueule avec moi dès lundi soir, vu que j’ai un entretien mardi, je me dois d’être vaseux et encore saoul, c’est comme ça que je réussis ;)

jeudi 4 mai 2006

Coup de blues

Ce soir c’est la loose, il est 2h05, et j’ai pas envie de me coucher avec tout ce que j’ai sur le cœur. Alors c’est parti pour le déballage sentimentalo-comique. Bon tout le monde le sait, hier j’ai eu 25 ans. Bon ce n’est pas vraiment ce qui me déprime, j’en joue, mais je ne suis pas aussi névrosé que ce que je laisse paraître.

Par contre ne pas savoir où je vais à 25 ans, ça me déprime oui. J’en suis à un point de ma vie où tout se joue, tout se décide. Je n’ai donc pas le droit à l’erreur. Et ça je le sens, ressens, un peu trop en ce moment. Je ne suis pas fan de la pression. C’est vrai, je bosse mieux dans l’urgence, j’aime être un peu bousculé, j’avance mieux. Mais j’avance là où on me pousse. Je n’aime pas me jeter dans le vide. Et là pourtant il va falloir le faire. Alors oui j’ai trouvé un stage. Mais je n’ai pas de quoi vivre, donc il faut que je travaille avant pour mettre un peu de sous de côté, (peut-être pendant), et après pour rembourser mes dettes. Et puis si je ne trouve pas un métier rapidement après l’obtention de mon diplôme (genre le lendemain !), je rentre chez ma mère parce que j’ai pas de quoi payer le loyer ! AH ÇA NON, JAMAIS !

Et puis il y a le reste. Mardi soir, je me suis trouvé un gentil garçon qui me propose de venir fumer un joint. Bon après tout, ça fait maintenant presque 1 mois que je m’interdis toute activité sexuelle, je peux bien essayer au moins de rencontrer des gens. Et puis le sexe n’était pas à l’ordre du jour (enfin c’était pas prévu on va dire). Et puis il y a au moins trois mecs que je dragouille sur le net en ce moment et que je mets de côté « le temps de… », et cette situation me rend dingue. Alors là, tant pis, je fonce, advienne que pourra.

On fume le joint, on papote, on boit du coca, il me prend dans ses bras pour me faire un câlin, prétextant que le joint le rend love (ben voyons !), et il me propose de le masser (le fourbe, comme si je ne le voyais pas venir !). Une demi-heure plus tard je lui enfonçais un plug dans le fion ! Pourquoi un plug plutôt que ma bite qui n’a rien vu à part ma main droite depuis un mois ? Parce que madame-ma-bite a refusé de se mettre au garde-à-vous ! SALOPERIE !

Ça forcément, ça aide pas ! C’est con, mais moi les pannes, je suis pas client, j’en ai eu 3 dans toute ma vie ! Pour dire, même avec 4g dans chaque bras, je bande bordel ! Bref demain j’ai un entretien d’embauche dans une boite à la con, pour faire un job à la con, je vais encore passer la soirée sur mes chiottes parce que mon système gastrique ne s’habitue toujours pas à la trithérapie, et j’ai la libido d’une algue morte !

Ma vie est une merde, je vais mettre fin à mes jours en retenant ma respiration ! (Astérix en Hispanie si tu nous regardes, des fleurs !). Bref demain j’irais mieux, comme toujours (c’est fatiguant d’être lunatique en fait !).

Bisous les z’ozio.

jeudi 13 avril 2006

Mon corps, ma tête, et moi

Je suis un être humain. Mon cœur bat, je suis en vie. Mes yeux voient, mes oreilles entendent, mes bras et mes jambes bougent, mes lèvres goûtent, je suis chanceux. Mon cerveau comprend le monde qui m’entoure, je suis conscient de mon insignifiance au plan cosmique, je sais que je vais mourir un jour, je sais que je ne laisserai qu’une petite trace dans le cœur des gens que j’aime, je suis cartésien, je suis mortel, je ne suis rien.

Pourtant j’existe. Je respire. Je suis capable du meilleur comme du pire. Je peux donner la vie, je peux la prendre, ou la reprendre. Je peux changer le monde ou le laisser me changer. Je peux sentir, ressentir, souffrir… Mais surtout je peux vivre ! Je peux oui, mais est ce que je veux ? Suis-je capable de prendre la mesure de ce que j’ai ? Je ne vois que ce qui me manque, que ce qui me fait envie, que ce qui me fait peur, que ce qui me pousse ou me retient dans ma bulle.

Je n’aime pas mon corps, je suis fier de ma tête, je ne m’aime pas, je veux qu’on m’aime. Mon corps, ce problème, cette douleur, ce poids. Déjà on m’a brisé le cœur. La faute à qui ? La faute à quoi ? La faute à mon corps. Ma tête est parfaite, mon cœur est pur. Il ne veut plus de moi ? Non il ne veut plus de mon corps. Mon corps doit disparaître. La dépression m’emporte et m’excuse. Le mal-être m’envahit, la vie m’écœure, je me dégoûte. Je ne suis rien, mais je suis quand même. Je ne veux plus être, mais je ne peux pas m’effacer.

Alors j’efface mon corps, cet appendice que je traîne avec moi, que les autres voient. Ils ne voient que ça. Ils ne peuvent voir ma tête, mon âme, mon cœur, non ils ne voient que le corps. Ce corps que j’expie tels mes péchés, ce corps responsable de tout. La tête c’est la raison, le cœur la passion, le corps la tentation, moi je suis l’équilibre. Je vis parce que je pense ? Non. Je vis parce que j’aime ? Non. Je vis parce que je ressens ? Oui. Je ressens par mon corps. La tête analyse, le cœur saigne, le corps vit.

Alors comment vivre sans le corps ? Impossible. Si je supprime mon corps, je supprime ma vie. Mais si je détruis mon corps, je vis encore. Alors je le détruis lentement, méthodiquement, mais sûrement. Et je ne vis que plus intensément. Je repousse les limites, je me mets en danger, ce corps que j’exècre doit souffrir. Ainsi ma vie prend-t-elle un sens ? Non, mais elle n’est que plus intense.

L’anorexie, la drogue et l’alcool sont mes piliers. Le corps souffre, se tort, se raidi, mais il est encore là. Il me gêne moins, je vis avec. Je vais mieux. J’intériorise mes angoisses tout en exaltant mes passions. Je me fixe des buts, je les tiens. Rien ne m’arrête, je maîtrise tout. Ma vie, ma destruction, tout est à moi, tout est pour moi. Jusqu’à ce soir d’avril où je perds le contrôle.

Tout est calculé. A chaque limite atteinte, je stop la machine. Devant chaque barrière, ma tête ou mon cœur reprend le contrôle. Juste une décharge, courte mais intense comme pour dire « tu dérapes ». Et mon corps de repartir de plus belle dans une autre voie, un autre excès, tout aussi maîtrisé, tout aussi contrôlé, tout aussi aseptisé. Ce mal du siècle : la dépression ou le besoin de reconnaissance ? Et si l’un ne pouvait aller sans l’autre… Je ne suis pas psy, je suis juste dérangé, j’ai des questions, mais pas de réponses.

Je suis de la jeunesse dorée, de la jeunesse sans problèmes. Je dois inventer mes souffrances. Elles sont toutes plus folles les unes que les autres. Elles sont encore plus dangereuses parce qu’elles sont nécessaires. Mais une fois qu’elles sont là, je ne peux plus dissocier le réel du fantasme. Cette fois je suis tombé sur plus fort que moi. Plus fort que mon cœur, plus fort que ma tête. Trop fort pour mon corps ? Tout est remis en question, tout est suspendu. Mon corps a touché l’interdit, il a franchi la barrière. Et je ne peux plus me sauver, tout du moins pas seul. Je dois me laisser faire, accepter de l’aide, accepter de perdre le contrôle pour sauver mon corps, et donc sauver ma vie.

Ma tête et mon cœur ne le supportent pas. Je ne tiens plus. Mon équilibre vole en éclats. Moi, je ne suis plus rien, juste un pantin sous trithérapie préventive qui attend qu’on le sauve. Je ne contrôle pas parce que cette barrière, cette limite, je ne voulais pas la franchir. Ce danger je ne voulais pas l'affronter. Et pourtant il est bien là, réel, au-delà de tous mes fantasmes. Trop réel, trop fort. Pour la première fois j’ai envie de vivre? Non, la question n'est pas là. J'avais déjà envie de vivre, mais autrement, et aujourd'hui je le regrette.

Sauvez mon corps, sauvez-moi... S'il vous plait !

I will survive

(article publié chez les vingtenaires)
At first I was afraid
I was petrified
Kept thinkin' I could never live without you by my side
But then I spent so many nights
Thinkin' how you did me wrong
And I grew strong
I learned how to get along
And so you're back from outer space
I just walked in to find you here with that sad look upon your face
I should have changed that stupid lock
I would have made you leave your key
If I'd have known for just one second you'd be back to bother me
Go on now, go
walk out the door
Just turn around now
You're not welcome anymore
Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye
Did I crumble
Did you think I'd lay down and die?
Oh no not I
I will survive
Oh, as long as I know how to love I know I'll stay alive
I've got all my life to live
I've got all my love to give
And I'll survive
I will survive
Hey hey
It took all the strength I had not to fall apart
Kept trying' hard to mend the pieces of my broken heart
And I spent oh so many nights
Just feeling sorry for myself
I used to cry
But now I hold my head up high
And you see in me
Somebody new
I'm not that chained up little person still in love with you
And so you feel like droppin' in
And just expect me to be free
But I'm savin' all my lovin' for someone who's lovin' me

Oui ce sont bien les paroles de l’indémodable tube disco par excellence : I will survive de Gloria Gaynor. Pourquoi je vous les balance ici ? Je vais essayer d’être court et surtout compréhensible (pour autant que je puisse l’être). J’adore cette chanson. Elle ne représente pas vraiment quelque chose pour moi, c’est juste que je la trouve gaie et entraînante. Ça tombe bien, c’est le but premier du disco.

Je ne l’écoute pas souvent. La plupart du temps, je la mets en soirée quand j’ai bien bu pour hurler un bon coup, ou je me déhanche dessus dans une boite minable (une boite qui passe encore du Gloria Gaynor ça existe aussi à Paris, faut pas croire… pffff). Bref, du fun, encore du fun, toujours du fun. Ça tombe bien je suis quelqu’un de fun.

Nina ma la chante depuis une semaine sur MSN pour me faire rire. Et je l’écoute en boucle dès que je suis devant mon mac. Pourquoi ai-je un tel besoin de disco débile en ce moment ? Non pas parce que je suis une grosse tafiole dénuée de goût musical (Manu Katché si tu nous regardes : des fleurs !). Non j’ai juste besoin de me remonter un peu le moral.

Dimanche soir, j’ai pris un TGV lancé à pleine vitesse dans ma gueule. La sale mauvaise nouvelle, celle que je ne pouvais pas sentir venir. Et depuis j’accuse un peu le coup. J’aurais voulu vous amener ça de façon plus tendre peut-être plus littéraire aussi. Mais j’en ai pas du tout l’envie, et encore moins la force. Je suis vidé de toute consistance (déjà qu’à la base c’est pas la joie !).

Pour planter le décor : je couche avec un inconnu, la capote explose, je m’en rends compte après le coït, il flippe, je ne comprends pas pourquoi. Je lui dis que je suis séronégatif, il flippe toujours. Il me dit qu’il est séropositif, je comprends pourquoi il flippe. Et moi ? Ben je suis sous trithérapie préventive depuis le début de la semaine. Alors je n’ai qu’une chose à dire à ce fucking virus : I WILL SURVIVE !

Ps : je sais que ça ne se fait pas, mais j’en parle sur mon blog. Je ne voulais pas faire un grotesque copié collé de mes post de la semaine. Vous méritez mieux que ça. Alors en attendant que je sois capable de reprendre sur les deux fronts, je vous invite à lire ce que j’ai publié sur mon blog. Promis la semaine prochaine je vous consacre plus de temps.

mercredi 12 avril 2006

Journée de merde

Ya des jours comme ça où tout part en couille ! Hier je me couche le cœur léger, en effet mes nausées et mes diarrhées m’ont enfin laissé quelques heures de répit. Ça y est me dis-je, je me suis habitué au traitement (les effets secondaires ne durent que quelques jours d’après les médecins). Ce matin je me réveille, et là c’est le drame !

Non je n’ai pas eu d’accident nocturne (beurkh). Je suis juste passé au stade suivant : douleurs musculaires, douleurs osseuses, et salive modifiée. Alors la salive qui se modifie me direz-vous, c’est pas le pire ! Ben en fait si, elle s’épaissit, et ça donne un vieux goût de rouillé dans la bouche, je peux pas l’expliquer, sauf que j’ai l’impression d’avoir sucer robocop toute la nuit, et je dois mâcher du chewing-gum en permanence. Pas top !

En plus aujourd’hui je dois aller faire la révision des 10 000. Comprenez qu’en fait, je dois aller me faire tripoter le visage par un chirurgien qui va vérifier si les plaques qu’on ma foutu sous la peau sont en bonne santé, et moi aussi par la même occasion. Verdict de la révision :

- Monsieur je vous conseille de garder vos plaques, elles sont recouvertes par l’os et une intervention serait douloureuse à ce stade, vous les supportez bien, non ?
- Ben j’ai des douleurs diffuses quasi-permanentes…
- Oui mais si on les enlève vous aurez mal de toute façon, et c’est pas sûr qu’après ces douleurs disparaissent.
- Je ne suis pas très chaud pour anesthésie générale là aussi il faut dire !
- Bon alors Monsieur, vous allez vivre avec vos plaques. Allez merci d’être venu !
- Je dois consulter régulièrement ?
- Non, non, allez bon vent ! (mais dis-le si je te dérange! J’ai le droit d’être inquiet non ?)


Connasse ! On voit que c’est pas toi qui vit avec des bouts de métal dans la face depuis 2 ans et demi ! Et puis je suis complètement hypochondriaque, alors si je veux re-consulter dans un an qui m’en empêche ? Non j’ai pas peur d’être ridicule, une fois j’ai dit à mon médecin : « Euh, j’ai mal au sinus, ça n’a rien à voir ? », mon médecin n’a répondu que par un sourire condescendant… Mes plaques sont sur la mâchoire inférieure… Et alors tout est relié bordel !!!! On ne sait pas tout !!!!

Ok je suis hypochondriaque et je me tais… Enfin cette histoire me fait penser à la fois où j’ai consulté un dentiste de grande renommée. Elle me dit « Bon vous avez un déséquilibre dans votre bouche, vous n’arrivez pas à faire contact avec vos dents correctement lors de l’occlusion, je vais vous rééquilibrer ! » . À mon grand air étonné, elle comprend qu’elle doit s’expliquer. Elle me demande de tendre le bras, je m’exécute, de serrer la mâchoire, je m’exécute, et elle appuie sur le bras et me force à le faire descendre. Après quoi elle me lime un demi-millimètre sur une molaire inférieure, et me demande de retendre le bras. Quand elle appuie dessus cette fois elle n’arrive pas à le faire descendre. J’ai retrouvé ma force, parce qu’elle m’a rééquilibré dans la bouche. Ne cherchez pas à comprendre, perso j’ai rien pigé. Dans tous les cas ça m’a coûté 50€ non-remboursable, parce qu’elle pratique des honoraires libres ! À ce tarif-là, je peux me limer les dents tout seul connasse !!!!! Bref comment voulez vous que je ne finisse pas obsédé par le « tout est relié, je sais pas comment, mais tout est relié ! ». Je plains mon généraliste, dire qu’il me supporte depuis que j’ai 5 ans.

Bon passons à la suite du programme. Je prends mon téléphone à midi pour demander des renseignements à mon médecin sur les conséquences de la trithérapie sur mon foie. Je n’arrive pas à le joindre. J’essaye Sida Info Service. Quelqu’un me répond :

- Oui bonjour, je m’excuse de vous déranger… Voilà je suis sous trithérapie préventive depuis 48h, et j’ai des questions concernant mon foie.
- Je ne sais pas si je vais pouvoir vous répondre monsieur, appelez votre médecin ! (il m’envoie bouler une fois !)
- Il ne répond pas, c’est pour ça que j’ai pensé à vous. Vous allez trouver ça très bête, mais je fête mon anniversaire dans 15 jours, mes amis viennent de loin, la date est arrêtée depuis longtemps, et je ne sais pas si je peux me permettre de faire une fête dans mon état.
- Il y a des choses plus importante que la fête monsieur… (et de deux !)
- J’en suis conscient, c’est pour ça que je vous appelle ! (je ne sais même pas pourquoi je suis encore aimable là)
- Si vous faites un excès avec la nourriture, l’alcool ou la drogue, vous allez solliciter votre cœur et surtout votre foie, et vous risquez un coma hépatique. De même que si vous associez des stupéfiants et de l’alcool, vous comprenez ? Mais vous pouvez faire la fête quand même ! (vas-y fou toi de ma gueule connard !)
- Merci… (sale con !)


C’est pas sa faute, mais ça fait du bien de râler contre quelqu’un !!!! Donc ma décision est prise, je viens d’envoyer un texto à tous mes invités pour annoncer que je ne pourrais pas faire la fête le jour dit, mais une quinzaine plus tard, s’ils veulent encore de moi ! Je vais avoir 25 ans, et le jour dit, je vais me coucher à 22h après avoir avaler deux boites de lexomil pour me calmer…

Le séropo avec qui j’ai couché et qui est donc entièrement responsable de tout ça (oui je suis de mauvaise foi et alors ?), m’a proposé d’aller boire un café pour parler de tout ça. Je vais peut-être accepter en fin de compte, juste pour lui foutre un coup de boule libérateur…

mardi 11 avril 2006

Stupid Girls

Quoi de plus normal que de me faire une petite dépression en ce moment. Mais je n’y arrive pas. Et là je me sens vraiment con ! Tout ce dont j’ai envie c’est de m’éclater à fond : shopping, copines au tél pendant des heures à raconter des conneries, resto, boites, alcool, drogue, sexe… Oui moi je m’éclate quand je déconne avec mes copines au tél, bon chacun sa façon de s’amuser…

Alors pourquoi ? Ben je ne sais pas trop… J’ai peut-être envie de penser à autre chose maintenant. De toute façon je ne peux pas faire grand chose à part prendre 4 pilules le matin et 4 pilules le soir. Le reste, c’est entre mon corps, la médecine moderne, et Dieu s’il passe par là ! Oui je deviens mystique quand je vais pas bien, désolé.

Et puis après tout peut être que le 10 juillet 2006 (trois mois à après l’impact, on sera exactement ce qu’il en est), ma vie sera finie ! Alors autant vivre à 3000% avant. Et puis si tout se passe bien, j’en remettrai une couche après. « La vie est un cadeau », oui et ce cadeau, on me l’a fait, je vais pas le foutre à la poubelle. En tout cas pas maintenant, pas comme ça, pas à cause de ça.

Hier un ami m’a dit ceci sur msn : « Mais ma fille t’es tellement mauvaise que ça doit se passer comme ça en ce moment dans ton corps :

- Tes anticorps : vous êtes qui vous ? Qu’est ce que vous foutez là ?
- Les virus : ben on contamine…
- Tes anticorps : NON MAIS ÇA VA PAS NON ! ALLEZ OUST, DEHORS !!!!
- Les virus : ah pardon, on s’en va…


Ils vont s’en souvenir de leur passage chez toi ! ». Et ce con au passage, il a réussi à me faire hurler de rire, alors que je venais d’apprendre la nouvelle donc je n’étais pas très en forme !

J’en deviens donc un model de futilité, je suis en train de me « paris hilton-iser ». Mon plus gros soucis actuel ? Je ne peux plus boire de vodka pendant un mois !!!!! Non mais vous imaginez un peu le truc ? Moi sans vodka ? Mais c’est la fin du monde… Apparemment j’ai le droit de boire du vin, mais pas d’alcool fort. Alors ok, cuite au champagne tous les week-ends ! Non je pense pas que ça soit autorisé aussi (mais dans le doute je vais quand même poser la question tout à l’heure). Plus de drogues ? Le cannabis je peux ? Oki, je me transforme en cheminée !

Ok je dis que je vais bien, mais peut être que cette envie inexplicable de faire la fête, d’exploser ma CB, et de boire ne serait que mon dérivatif ! Qu’est ce que c’est ? Une théorie de Nina, elle propose toujours des dérivatifs quand on a un problème. En ce moment elle se sort difficilement d’une histoire compliquée avec un mec, ben, elle a acheté un rameur, et elle s’en fait des ampoules tellement elle rame ! (Oh le jeu de mot !) Bref donc j’ai besoin d’un dérivatif pour pas devenir cinglé, nous sommes d’accord. Mais je pourrais me défouler dans mes révisions, ça serait plus sérieux…

Y a ça aussi, les examens dans deux semaines… Putain que je ne suis pas prêt du tout !!!!! Que fais-je ? J’ouvre mon livre sur les problèmes religieux du XXIe siècle ? Nan… Je vais faire du shopping, j’ai besoin de me faire épiler aussi, ah oui et je tuerais pour un bon massage là !!!!

Allez hop en selle ma fille, va faire ta blonde en ville, ça va te détendre !

lundi 10 avril 2006

Pourquoi ?

La vie est parfois gaie (gay ?), parfois moche. Pour moi elle fut alternativement l’un ou l’autre. Je ne suis pas plus à plaindre qu’un autre, je ne suis pas plus malheureux qu’un autre. J’ai même beaucoup de chance. Je suis jeune, je suis beau, je suis intelligent. J’ai un cercle d’amis super, j’ai des bons diplômes, une très belle perspective d’avenir.

Ça n’a pas toujours été le cas, plusieurs fois j’ai voulu mourir, j’ai voulu finir dans le caniveau. Je me suis détruit pas la drogue, l’alcool, la nourriture. Tous ces désordres extérieurs ne faisaient que refléter un grand désordre intérieur. Milles fois j’ai mérité le pire, milles fois je l’ai évité. Milles fois j’ai recommencé… Le tourbillon de la dépression m’a emporté dans ses profondeurs abyssales. Que la vie est confortable quand on ne va pas bien, que la vie est douce quand tout est excusé par le mal être qui vous dévore.

Une nuit, j’ai fait une rencontre, cette rencontre a changé ma vie pour toujours. C’était avec le conducteur d’une 306 sport. Il entre dans un tunnel à 130 km/h en ville, à contre-sens, j’arrive en face. Il s’enfuit, me laissant pour mort avec la moitié de mon visage sur le tableau de bord. Je me suis réveillé aux urgences, un chirurgien parlait à ma mère. Elle pleurait, il venait de lui expliquer qu’il ne savait pas s’il pouvait reconstruire mon visage. Alors ça y est, c’est fini ? Tous mes excès, toutes mes errances ont trouvé leur issue : je vais finir ma vie défiguré. Quelle pire punition pour quelqu’un qui vit dans le paraître, qui se sert de son corps et de sa beauté comme d’une arme de persuasion, qui fait passer l’apparence avant tout le reste. Tous ces gens que je ne déniais pas regarder parce qu’ils étaient moche… Quelle ironie !!!

Mes parents n’ont pas baissé les bras, ils ont passé la journée au téléphone, appelant toutes leurs connaissances, enfin une équipe de chirurgiens accepte de tenter quelque chose, mais sans promettre un résultat quelconque. Et je passe 7h sur une table d’opération. Quand je reviens enfin à moi ma mère pleure toujours. L’opération a raté ! Non elle pleure de joie. D’ici quelques jours, mon visage aura dégonflé et je redeviendrais celui que j’ai toujours été.

En fait pas tout à fait. Oui, à l’extérieur ils ont fait des miracles, tous les médecins/chirurgiens/dentistes que j’ai pu voir depuis me disent tous la même chose : je suis un miraculé de la médecine moderne. Si jamais ça avait eu lieu ne serait ce qu’un an plus tôt, ils n’auraient pas pu opérer. Mais à l’intérieur, tout a changé, j’ai décidé d’en finir avec ma « vie d’avant ».

Que dire de quelqu’un qui vous avoue que la meilleure chose qui lui soit arrivée c’est un grave accident de voiture ? C’est mon cas, et je l’assume, j’avais besoin de ça, le timing était parfait, je pouvais encore reprendre le contrôle , 6 mois après ça aurait été trop tard. Je me suis reconstruit entièrement. J’ai fait du vide dans mon entourage, j’ai changé de cursus universitaire, je me suis rapproché de mes parents. À y regarder de plus près, le parcours paraît presque mystique. Mais chacun son interprétation.

Je ne suis pas plus fort maintenant. Je maintiens ma barque tant bien que mal. Je suis à flot, je maîtrise les petites vagues. Mais que faire si une grosse devait repointer le bout de son nez ? Une vague scélérate m’engloutirait à coup sûr. Je suis fatigué de remonter des pentes pour les dévaler à coup sûr. Je me suis promis que c’était la dernière fois que je remontais, pour une bonne raison : je ne compte plus redescendre.

Printemps 2006 : je finis mes cours, je prépare mes examens, j’attends avec impatience d’entrer dans la vie active avec un pont d’or (un stage de folie), je sais que je peux encore aimer (mon cœur bat pour un bel Américain qui a fait un passage éclair dans ma vie), je sais que je peux devenir quelqu’un de très bien. Mais il ne faut pas m’appuyer sur la tête, je ne sais pas à quel point je suis accroché. Je peux lâcher à tout moment.

Ce soir, je discute avec un jeune homme sur Internet, en fait ça fait un mois que l’on discute. Il est mignon, il veut mon corps. Mais, pour tout un tas de raisons, je n’ai pas pu lui donner ce qu’il attend depuis un mois. Ce soir, j’abdique. Il vient chez moi. S’en suit une merveilleuse partie de jambes en l’air. Ça fait du bien. Du sexe avec un inconnu, pas de prise de tête, pas de questions, pas de réponses bien sûr. Mais ça fait du bien. Je m’abandonne dans les bras de mon exutoire.

Je me retire, je veux retirer le préservatif, il a explosé ! Le garçon semble très perturbé. Je reste calme. Il s’inquiète que j’aie joui en lui. Je lui annonce que je suis séronégatif, il me dit que lui aussi. Et il revient à la charge pendant 20 minutes. Je le sens très perturbé, alors je le rassure en lui disant qu’il n’y a aucune chance que je sois contaminé, je mets toujours des préservatifs. La dernière fois qu’une capote a explosé j’ai pris un traitement d’urgence. Donc s’il ne me croit pas (et il a le droit, on ne se connaît pas) je lui explique qu’il peut aller à l’hôpital en demander un. Il semble rassurer et il s’en va.

Trois heures après mon téléphone sonne, c’est lui. Il me dit qu’il m’a menti, qu’il s’en veut beaucoup, il est séropositif depuis deux ans. Ma vie vient de s’arrêter.

Pourquoi moi, pourquoi maintenant, pourquoi comme ça ? POURQUOI ?