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mercredi 21 décembre 2016

Comment faire ?

Pour raconter ma vie actuelle sans parler de ce qui s'est passé pendant mon silence ? Comment avancer si je passe des jours/semaines à revenir sur ce qu'a été ma vie depuis que je suis parti ? Comment rendre intelligible le présent sans l'éclairage du passé ?

Je crois que je vais faire simple, je vais parler au présent et quand ça sera nécessaire je ferai un flashback.

Je suis actuellement sans emploi. J'ai décidé de mettre à profit ce creux dans ma vie professionnelle pour régler des problèmes personnels. Je suis toujours addict. Loin, TRÈS loin de ce que j'étais il y a ne serait-ce qu'un an encore. Mais je ne suis pas sobre, et je me suis donné 4 semaines pour terminer un travail commencé il y a justement un an. J'étais arrivé à un tel stade que j'ai passé un mois à l'hôpital à inquiéter des médecins qui parlaient de greffe du foie (pour dire dans quel état il pouvait être). J'ai repris ma vie en main, doucement mais surement. Je suis suivi par une psy, une addictologue et deux autres spécialistes sur lesquels j'aurais l'occasion de revenir. Quatre semaines donc pour arrêter les deux derniers produits qui me pourrissent la vie depuis presque 20 ans maintenant : le lexomil et la cocaïne (j'ai arrêté tout le reste, j'y reviendrai surement, je ne bois même plus, c'est pour dire...)

Mais voilà, hier soir alors que je regarde la Reine des Neiges en imaginant que toute cette poudre blanche ne soit pas de la neige (faut être con quand même quand j'y pense), je reçois un coup de fil d'un établissement scolaire proche de chez moi. Je n'ai pas envoyé de CV, je n'ai rien demandé, ils m'ont trouvé et me proposent un poste pour la rentrée.

J'ai donc un entretien dans 3h pour redevenir prof, je n'ai pas enseigné depuis février 2015, je suis assez nerveux à l'idée de replonger dans cet univers qui m'a apporté certes beaucoup de joies mais aussi tant de peines. Je sors juste d'une période très intense où j'étais revenu à mes premier amours : la politique. Malheureusement l'opportunité professionnelle attendue s'est évaporée...

Suis-je encore capable ?

Suis-je encore assez jeune et confiant pour supporter une horde d'ado en furie ?

Suis-je redevenu assez stable dans ma tête et dans mon corps pour être un bon prof ?

Les épreuves que j'ai traversé m'ont-elles rendu plus fort ou plus fragile ?

Tout ceci se bouscule, voilà pourquoi je ressens le besoin de rouvrir cet espace, ce défouloir, qui m'a tant apporté et tant pris.

J'ai beaucoup changé, vous aurez l'occasion de vous en rendre compte, mais je n'ai pas encore fini tout le travail nécessaire pour me considérer comme un adulte responsable et apte à affronter les affres de la vie.

Je m'arrête là pour le moment, je dois cogiter un peu... (Et partir à mon entretien accessoirement...)

mercredi 6 juin 2012

Saturation

S'il y a bien une preuve que je ne suis, et que je ne serai jamais, adulte, c'est bien la façon dont je gère ma vie professionnelle. Je ne peux pas me faire chier au taff. Une fois que je ne trouve plus aucune motivation pour me lever, ben c'est très simple, je ne me réveille plus...

Être prof, c'est le boulot qui me va le mieux si on regarde sur la durée, j'ai toujours réussi à me passionner pour mes chères tête blondes. Je ne suis pas en retard (ou très rarement), alors que tous mes autres emplois (mis à part le ministère de la défense), j'étais en retard tous les matins, des fois je me pointais comme une fleur à 11h quand même.

C'est tout simplement parce que je me faisais chier, et moi je ne peux pas me faire chier 8h par jour, 5 jours pas semaine, non ça je sais pas faire.

Mais prof j'ai trouvé un équilibre, déjà je bosse beaucoup chez moi, quand je veux, et je passe entre 18 et 22h par semaine "au bureau". Et encore en guise de bureau j'ai des ados certes épuisants, mais au final plutôt fun. Je ne croise jamais d'adulte, sauf pendant les conseils de classe, je suis devenu très solitaire pendant ma journée, je pense que mes dernières mésaventures y sont pour beaucoup, je ne me fais même plus chier à retenir le nom de mes collègues ou de la direction, je les salue juste quand je les croise, point final...

Mais voilà, depuis un mois, je n'y arrive plus.

Je prépare même plus mes cours, j'utilise des livres que j'ai piqué au CDI, et j'improvise. Je suis mon propre programme, si j'estime qu'un cours est chiant, je le saute, si un thème me plais et que le programme m'oblige à le traiter en 3h, j'y passe 3 semaines, ranafoutre !

Et je vous parle même pas des copies. Lors de mon dernier remplacement, je suis parti avec une centaine de copies à corriger pendant les vacances. Je les ai foutu à la poubelle, sachant que je changeais de poste et que donc je n'aurais de compte à rendre à personne.

Cette semaine je devais remplir les bulletins des 3ème pour l'orientation, pas envie, pas fait, j'attend qu'on me tombe dessus et là je sortirai la magnifique "mais si, je l'ai fait de chez moi, ça n'a pas marché? Zut... C'est trop tard, tant pis !"

Des scrupules ?

Aucun...

Le rectorat m'a déclaré inapte à enseigner, ils me maintiennent dans mon poste pour éviter un procès, j'encaisse l'argent, et je me fous du reste.

Je suis devenu le mauvais prof que j'avais peur de devenir, et je me suis toujours juré que le jour ou ça arriverait, j'arrêterai.

Mais là non, je vais tenir jusqu'au bout, pour le salaire. Une fois que j'aurais mon contrat à jour pour être payé l'été, je leur dirai ce que je pense d'eux, jusque là je ronge mon frein.

Ils m'ont transformé en monstre... Et alors que j'aurais du me battre et m'accrocher, je baisse les bras et attend de passer à autre chose.

Au final, c'est con, parce que je leur donne raison...

Mais au moins ils verront ce que c'est un mauvais prof, un VRAI mauvais prof !!!!!

A ce propos, j'annonce, je serai en maladie pour le Brevet, non mais faut pas pousser, je vais pas surveiller et corriger pour des prunes, surtout qu'ils viennent de me griller 200 euros d'heures supp pour un jury d'oral qu'ils m'ont obligé à faire...

Il est possible que je perde d'autres copies d'ici la fin de l'année pour me venger...

Marre, marre, marre, MARRE !!!!!!!

Je ne serai plus jamais prof...

jeudi 12 avril 2012

L'Education Nationale, ma passion

Suite à mon inspection merdique de la semaine dernière, je me suis pointé au rectorat hier pour faire le point avec le directeur de la DPE.

Je pensais recevoir une fin de non-recevoir, donc je me suis même pas pris la gueule pour ma faire représenté.

Après 1h d'entretien, je peux être sûr d'une chose, je suis clairement dans mon bon droit...

Un véritable sitcom...

Ils me proposent de me payer jusqu'au 31 aout, mais sans que je puisse enseigner ma matière, du coup ils ont cherché quelle matière je pouvais enseigner dans le secondaire. Au final, il n'y a en aucune. Alors le verdict du directeur fut le suivant : 

  • On vous paye Avril, ça on peut, on vous paye juillet et aout, c'est normal, mais pour mai et juin on est embêté, il faut partir dans la dentelle administrative pour trouver un moyen... En gros on va trouver un truc à vous faire faire pour vous maintenir dans votre contrat... Mais quoi ? Vous avez une idée ?
  • Euh... je touche mes 2300 euros en restant chez moi ?
  • Non ?
  • Bon lors je vois qu'une solution, j'enseigne...

Mais oui mais non, je n'ai plus le droit d'enseigner ma matière dans ce rectorat. Je peux enseigner autre chose, ou changé de rectorat pour continuer à être prof d'histoire, mais c'est compliqué...

Alors ce qui en ressort c'est que l'inspecteur ne me trouve pas incompétent du tout, juste que je refuse de passer le CAPES et ça le gêne... Je promets de m'y inscrire ? Ils me croient pas sincère (en même temps j'ai été assez clair sur mon dégout du fonctionnariat en même temps...)

Ok, ils proposent autre chose : ils veulent faire plier l'inspecteur pour qu'il change la date de son inspection, et moi je dois fournir des lettres de recommandations comme quoi je suis un bon prof, et du coup, mon interdiction d'enseigner sera repoussée au 1er septembre 2012.

C'est ubuesque...

Ils se mélangent les pinceaux...

Ils ont tort, je l'ai bien compris...

Ils ont compris que je l'ai compris...

Si je fourni des preuves de ma non-nullité, ils me gardent 4 mois sous couvert que je ne fasse pas de scandale en septembre et que je me recycle ailleurs.

Je n'en reviens pas.

C'est le monde à l'envers...

Alors je récupère toutes les preuves de ma bonne foie, et si avant le 23 avril le dossier tient devant la commission, je suis reconduit pour 4 mois.

Mais sincèrement, s'ils font ça, devant un tribunal en septembre, ils perdront tout et devront me reprendre. C'est Sunset Beach...

Je ne sais plus si je dois pleurer ou rire...

En même temps 4 mois pour me reconvertir c'est mieux que 4 jours donc je vais tout faire pour que ça marche, et je vous assure qu'on m'y reprendra pas à deux fois de m'impliquer autant dans un ministère aussi moisi...

Je veux retourner à la politique, à la com, au marketing, privé ou public et me débarrasser de ces gens obtus...

Des parents d'élèves se sont plains du fait que j'avais osé dire à mes élèves que j'étais victime de discrimination sexuelle.

Le rectorat n'en a pas tenu compte, ils ne peuvent pas...

Je veux mes 2000 et quelques euros pendant 4 mois et me casser...

Mais ne plus pouvoir enseigner va me crever le coeur.

Enfin je dis ça mais je peux enseigner une autre matière dans mon académie, ou enseigner ma matière dans une autre académie, ça c'est possible.

L'administration dans toute sa splendeur...

Je vais craquer?

Je sais pas, mais je devrais, non ?

J'ai abandonné ma psy ce mois-ci pour cause de finances désastreuses, d'où mon retour ici...

Mais vous savez quoi ? Je m'écraserai plus, je me laisserai plus faire, je perdrai surement plus que je gagnerai, mais je suis grand, vieux, et je veux qu'on reconnaisse ma capacité, ma pédagogie, mon amour pour ces enfants, les seuls que je n'aurais jamais. Je suis un bon prof, et je refuse qu'on me retire ça...

Je suis anticonformiste, grande gueule, revendicateur, je me vois comme un objecteur de conscience, je veux changer le monde, et ça passe aussi par le savoir que je transmets...

...

Si seulement mon auteur de géopo n'était pas Georges Corm, ma vie serait tellement plus simple... Et je ne parle même pas de ma fascination pour les thèses d'Edgard Morin...

Vous n'êtes pas d'accord ? Je l'entends, mais avant de penser au Gauthier alcoolique, toxico et fragile, pensez au Gauthier diplomé d'une maitrise d'Histoire spécialisée dans les crises christologiques, le gaugau qui a été journaliste, civil chargé du renseignement au ministère de la défense, le gaugau spécialisé en communication interculturelle, bref le gaugau qui peut apporter un éclairage très différent sur le programme d'histoire.

Le problème pour eux c'est que ce gaugau il peut pas s'empêcher de militer en classer, même subtilement...

Et ça c'est interdit !!!!!

Bref, le dénouement bientôt...

Stay tuned.

Gaugau à donf !


PS : pensez à aller faire un petit tour sur les pubs, ça m'aide à maintenir mon niveau de vie en ces temps difficiles, merci les enfants...


mardi 3 avril 2012

Et voilà...

Je suis viré !

Pour plus de détails, veuillez attendre que je sorte de mon coma médicamenteux qui va m'empêcher de venir armé pendant mes derniers jours et faire un massacre à l'américaine dans l'établissement...

Merci et au revoir

PS : vu que je vais avoir besoin de thunes, pensez à faire un tour sur les pubs, ça me rapportera des soussous ! Merci ^^

jeudi 29 mars 2012

Comment avoir la banane ?

En ce moment c'est le stress au niveau professionnel, mais grave.

Je suis menacé de perdre mon taff, mais vous le savez déjà, j'ai appris que j'allais être inspecté dans une de mes classes, je suis pas du tout confiant, surtout que la classe en question est loin d'être ma meilleure, et je rappelle à toute fin utile que je n'ai jamais été formé pour faire ce taff. Tout ce que je fais en cours tiens donc d'un savant mélange d'improvisation et de feeling...

Mon réflexe habituel quand ça va pas c'est de me foutre minable et/ou au fond du lit et j'attends que ça passe. Là je peux pas, sinon je bousille toutes mes chances et je me retrouve au chômage...

Du coup, avec ma psy on parle beaucoup de mon futur burn out, elle s'inquiète... Je la comprend !

Je suis allé la voir hier, et malgré tous mes soucis, j'avais la banane, et plus je lui disais que ça allait pas, que j'angoissais, toussa toussa, plus je souriais. Elle finit par me dire "mais je trouve que vous prenez tout ça avec le sourire quand même, comment ça se fait ?"

Je pause et réfléchis deux minutes, et là, l'épiphanie, la vrai !

J'étais aller déjeuner chez la mère de mon filleul, j'ai joué avec lui pendant un moment et puis après le repas, je me suis mis sur le canapé, son petit frère qui a 18 mois est venu me voir et je lui ai dit "et bien j'ai pas eu mon câlin", et là le bébé est passé en mode koala, il m'a fait un grand sourire, m'a grimpé dessus et s'est couché sur mon ventre en passant ses bras autour de mon coup et en posant sa tête sur mon épaule, on a dormi comme ça une heure tous les deux.

Voilà ce qui m'a foutu la banane toute la journée...

Il m'a rechargé les batteries...

Mon filleul a finit par venir se coller à nous pour faire un câlin aussi, et on est resté tous les trois comme ça un long moment avec la mère qui n'osait pas nous déranger...

Mieux qu'un lexomil, mieux qu'une cuite, mieux que de la drogue : des enfants !

Voilà mon secret pour affronter mes merdes du moment !

dimanche 18 mars 2012

Repousser les limites...

Je suis en train de matérialiser une phase de déni comme rarement je l'ai fait...

En ce moment ça se passe très mal pour mon avenir de professeur remplaçant. Je suis sur deux établissements, donc j'ai deux principals (ou principaux? tiens je sais pas comment le tourner...), mais l'un des deux est le principal de référence auprès du rectorat (mon vrai chef en gros), en fait je suis "prêté" au second établissement.

Sur les deux principaux, ça se passe très bien avec un et plutôt mal avec l'autre. Avec lequel ça se passe mal ? Je vous le donne dans le mille, celui qui va me noter et qui fait son rapport au rectorat bien sûr, sinon c'est pas drôle !

En fait je le trouvais plutôt bizarre avec moi, à me convoquer toutes les semaines ou presque pour la moindre broutille, au début j'ai pas fait attention, je pensais que mon jeune âge (30 ans pour l'éduc nat en dehors de la ZEP c'est super jeune), mes percings et mes tatouages le rendaient nerveux quand à ma capacité à ne pas offusquer parents et élèves de la banlieue dorée ou j'ai atterri...

Et puis il ya eu la prise de bec sur les horaires. Je ne peux matériellement pas être à l'heure deux jours de la semaine dans son établissement parce que je suis en cours dans l'autre établissement le matin, et je dois traverser toute l'agglo (plus une partie de la banlieue) avec périph', autoroute et nationales surchargées... La première fois qu'il m'en a parlé, je lui ai dit que j'en étais désolé mais qu'à moins d'un changement d'emploi du temps ou de me fournir un avion ou de manger en conduisant, je ne pouvais pas être à l'heure (le retard étant compris entre 2 et 5 minutes maximum). Il m'a répondu qu'il allait voir, et que dans le même temps je devais faire le maximum pour assurer mon service. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas supprimer les 10 à 15 minutes que je m'accordais pour avaler un repas tout prêt sachant que ces deux jours là j'ai 7h de cours à assurer (de 8h à 17h non stop) à moins de risquer de tomber dans les pommes.

Comme un con j'ai attendu la suite.

Re-convocation.

Il ressort son discours sur mes retards à répétition qui sont inacceptables toussa toussa... Je reste un peu con et je lui dis que je pensais qu'il allait modifier mon emploi du temps. Il refuse et me dit que c'est à moi de m'adapter.

Je lui tiens tête et lui dis qu'il ne me fera pas renoncer à ma pose repas, ni modifier la circulation pour que je puisse faire les 30km en moins de 40 minutes (et 40 minutes c'est quand je roule comme un malade au mépris des limitations de vitesse, j'ai déjà perdu 3 points dans l'histoire...)

Il me dit : "mais vous savez que je vais vous noter à la fin de votre remplacement, et vu votre comportement je vais être sévère, je ne suis pas sûr que vous puissiez retrouver du travail dans l'éduc nat après ça!"

Je me crispe et commet l'irréparable. Malheureusement, il m'a fallu un mois pour le comprendre, je lui ai raconté mes deux derniers remplacements à la fin desquels pour cause d'homophobie j'ai été mal noté, et que donc après une fausse accusation de racisme et une mutation, une note dégradée par quelques retards me faisait plus sourire qu'autre chose... Vu que j'étais en poste dans deux des établissements les plus demandés et quotés de l'académie ! Et qu'en plus j'avais une porte de sortie dans mon "vrai" métier, à savoir la politique.

(Je résume hein, mais vous voyez l'idée)

A y repenser je devais être de super mauvais poil ce jour-là, moi qui passe 99% de ma vie professionnelle à m'écraser et à subir les injustice, voilà qu'au milieu de rien, je prends la mouche, me vexe et parle mal à mon supérieur !

Ça ne m'était jamais arrivé, enfin en dehors d'un job étudiant dont je me fous par essence... (faut voir comment je parlais à mes supérieurs quand je faisais du télémarketing, c'était jouissif et rendait le job supportable au final... Et je ne parle pas de mon passage à Quick !)

Bref, je me dis qu'il faut que je fasse preuve de bonne volonté, et qu'il est suffisamment intelligent pour ne pas monter l'incident en épingle, et que surtout il va regarder mon travail en classe avant de dire que je suis un prof merdique...

Mon remplacement se terminait le 9 mars, le jour même j'ai un rendez-vous avec un politique qui cherche un coordinateur de campagne, je suis super recommandé, super préparé, je vais avoir ce job. Je glisse donc au principal avec qui ça se passe bien que j'ai une opportunité que je ne peux refuser et que si elle se concrétise je ne renouvelle pas mon contrat, il me soutient, tout va bien !

L'entretien se passe bien, on me promet un réponse le lundi qui suit pour une prise de poste la semaine suivante, j'appelle donc le gentil-principal pour lui dire que je peux rempiler pour une semaine au moins en attendant de savoir, il accepte.

Le mardi, n'ayant toujours pas de nouvelles du politique, je me rend au secrétariat pour signer mon renouvellement de contrat jusqu'au 5 avril date retour du professeur en charge de ces classes. Le contrat s'arrête le 25 mars, je demande des explications, le principal sort de son bureau et me demande de le suivre : "Je vais être franc, j'ai demandé au rectorat de ne plus vous avoir comme professeur, ils ont refusé, j'ai négocié de vous faire un contrat de 15 jours en attendu une inspection d'une IPR afin de faire un rapport et de voir si on vous maintient dans vos fonctions"

Je suis sur le cul, la dernière fois que j'ai vu une IPR c'était pour me faire accuser de racisme en octobre et au final son rapport a amener le rectorat à me muter de force...

J'ai donc de très grandes chances de ne plus être prof là où je suis, voir de plus être prof du tout.

Le mercredi le politique me rappelle pour me dire que je suis pas retenu.

Le jeudi je reçois un courrier et un mail du parti pour me dire qu'ils ne peuvent rien pour moi malgré mes qualités blablabla...

Quand j'ai vu ma psy et que je lui ai résumé tout ça en une heure, elle a marqué une pause, et m'a dit avec sa voix la plus douce "quelque soit l'heure, le jour ou la raison, si ça va pas, vous m'appeler en attendant qu'on se revoit, ok ?"

Je me dis qu'elle exagère, ok j'accumule les problèmes, mais je peux gérer et traverser la tempête quand même.

Bien sûr...

Et sinon là on est dimanche, il est 16h passé, je n'ai pas dormi depuis vendredi matin 6h, j'ai pas déssaoulé depuis vendredi soir, je dois en être à 6 grammes de cocaïne à moi tout seul, j'ai baisé le petit copain d'une amie sachant qu'il est amoureux de moi et que ça va foutre la merde dans un groupe d'amis d'une dizaine de personne qui se connaissent depuis longtemps, j'ai pété un plomb en boite en présence de MisterBitch, j'ai fait 500km en voiture... (par contre j'ai dépensé que 50 euros pour tout ça, c'est la seule chose dont je peux me vanter sur les dernières 48h)

Je résume parce que hein ça serait trop long...

Mais c'est évident, je gère bien !

Très bien même...

Je vais avaler un lexo et aller dormir en espérant que je puisse aller bosser demain matin à 8h... Et faut que pense à donner mon corps à la science, je devrais être mort normalement, n'importe qui serait couché depuis longtemps... Il y aura sûrement des choses importantes à apprendre de mon cadavre ^^





jeudi 1 mars 2012

Postulator the come back

Avant hier, j'ai un peu pété un plomb dans le bureau de mon principal. Mon emploi du temps actuel a été calculé par une connasse au rectorat qui a estimé qu'on pouvait en 1h manger et faire 30km dans les bouchons pour aller d'un collège à l'autre. 

Je vous l'annonce officiellement ici : ce n'est pas possible.

Donc soit je mange, soit je suis à l'heure.

Alors moi gentil, moi pleure pour un changement d'emploi du temps, moi me faire envoyer sur les roses, moi en avoir marre d'avaler un demi sandwich dans la voiture quand je suis arrêté à un feu rouge dans une journée de 8h de cours, moi abandonne, moi a systématiquement entre 5 et 10 min de retard deux fois par semaine.

Mardi, je me pointe donc la bouche en coeur 4 minutes après la sonnerie du midi, mes élèves m'attendent dans le hall, la CPE me saute dessus et me dit "le principal veut te voir maintenant"

Et là c'est parti pour un tour : 

- Vous êtes encore en retard !
- Je vous ai expliqué que cet emploi du temps est très mal fait, vous refusez de le modifier, je ne peux pas rester 12h sans manger pendant que j'enseigne, donc je suis en retard oui !
- Vous vous rendez compte que je suis votre supérieur et que je vous note à la fin de votre contrat ?
- Vous pouvez faire pire que m'accuser d'être raciste pour vous débarrasser de moi parce que mon homosexualité dérange mes collègues ?
- ... mais je n'ai jamais rien dit de pareil !
- Vous non, mais le précédant chef d'établissement l'a fait, et voilà pourquoi je me retrouve chez vous, alors vous comprenez bien que vos menaces me passent au dessus ! De toute façon mon contrat chez vous se termine dans 10 jours, donc serrez les dents, vous serez bientôt débarrassé de mon insuportable et insubordonnée personne !
- Mais vous pensez vraiment qu'on va en rester là ?
- Ça ne me concerne plus...

Et je suis parti en claquant la porte.

En y repensant, j'aurais pas du, mais vraiment pas... Il a effectivement le pouvoir de me faire chier. 

MAIS BORDEL DE COUILLE À QUEUE DE MERDE !

J'en ai ma claque de me battre contre des cons qui ne peuvent pas sortir la tronche de leur directives ministérielles. Et le travail extraordinaire que je fais avec ces abrutis d'élèves ? Les louanges des parents ? Le fait qu'en quelques mois j'ai fait passé des élèves de l'état de légume cérébral à celui d'être humain pensant (la plupart n'était pas capable de faire des phrases de plus de trois mots, et maintenant je leur fais faire des rédaction d'une page, y compris aux sixièmes).

Alors oui, j'ai eu tort, je n'ai pas à arriver en retard. Mais j'aimerais qu'une fois, une seule fois, on regarde ce que je fais dans mes classes et qu'on me félicite un peu pour ce travail. Je ne suis pas le meilleur prof du monde, mais bordel je suis bon.

(et en manque de reconnaissance)

Alors quitte à être traiter comme de la merde, à bouffer des sandwichs, à faire des heures à ne plus pouvoir compter, le tout pour un salaire de misère, je préfère retourner à la politique !

J'ai envoyé 10 CV ce matin.

De toute façon, j'ai intérêt à le faire parce qu'il va pas me louper l'autre, et je risque un retour à la case Pole Emploi (et j'ai pas trop envie).

Gaugau postule, et il aime ça !

A bientôt pour la suite des évènements !

lundi 5 décembre 2011

Les signes ne trompent pas...

Après une journée de fol'aïl où j'ai enchaîné 7 heures de cours pleines sur deux établissements, à manger dans la voiture, à planifier les réunions parents-profs (j'adore savoir que je vais finir à 20h30 3 jours après le réveillon, donc 12h après être arrivé au bahut).

Après, alors que je demandais rien à personne, fumant ma clope pendant la récrée, devant l'entrée du bahut, avec ma tronche du lundi-matin-ça-fait-2h-que-je-suis-là-et-j'ai-déjà-envie-d'en-tuer-trois-ou-quatre, une fourgonnette de gendarmerie s'arrête à ma hauteur :

  • Excusez-moi monsieur, je vais juste vous demander ce que vous faites !
  • Je fume, ça se voit pas ?
  • Non mais pourquoi vous êtes devant l'entrée d'un établissement scolaire ?
  • Peut-être parce que je suis prof ?
  • Ah... Pardon, j'aurais pas deviné, bonne journée...

J'ai failli répondre "pour essayer d'en violer un derrière les poubelles !" mais j'ai senti qu'ils avaient un humour limité les gendarmes...

En les regardant partir, je me suis regardé : pas rasé d'une semaine, pas coiffé, en jean large/baskets rouges avec un manteau en dessous des genoux, je fais clairement pas prof de "banlieue-desperates-housewives" où j'ai été récemment envoyé en mission.

NDLR : oui je me sens investi d'une mission, faire rougir toutes les Marie-Caroline et les Charles-Edouard qui vont à la messe tous les dimanches, mais ça sera le sujet d'un autre article... Z'avez qu'à me laisser en ZEP ces cons du rectorat !

Après avoir pondu un cours en 2 min 30, surement le cours le plus nul que j'ai jamais écrit, et me rendre compte que je m'en contre-fous. 

J'ai décidé de me défouler devant la tv, mais quoi regarder ?

J'ai trouvé : le concert de Céline Dion - Taking Chances

C'est officiel, je déprime, je suis au fond du trou, je kiffe Céline Dion !

ACHEVEZ-MOI  !

(J-2 avant le psy)

lundi 17 mai 2010

Je suis trop vieux pour ces conneries

Juste un petit message pour vous dire que vendredi soir j'ai fêté mes 29 ans avec le vodka club. Un vodka club élargi, avec des collègues et une copine que j'ai ramené d'Égypte.

C'était géant, comme à chaque fois, grâce à 7h qui nous a prêté son chez-elle, ben vi pour cause de voisin-psychopathe-peut-être-toujours-en-vie je ne peux pas faire de soirée chez moi.

Au final, on a bu comme des trous, mais quand je dis comme des trous, c'est encore léger, il y avait une bouteille d'alcool fort par personne, il ne reste plus rien, normal !

J'ai eu de jolis cadeaux, dans le désordre : des bijoux, des livres, de la vaisselle, des gadgets inutiles mais indispensables (comme un marteau de designer, si si si, ça existe et c'est moi qui l'ai!).

Je réitère ici mes remerciements pour vous tous bande de petits coquinous qui êtes venus me souhaiter une bonne dernière année sur terre. Un bisou aussi à ceux qui n'ont pas pu venir (et heureusement, parce que sinon, il fallait péter les murs), on se fera quelque chose ensemble dans pas longtemps.

Me voilà donc dans ma trentième année, je ne pensais pas vivre aussi vieux, mais une chose est sûre, c'est la dernière fois que je fête mon anniversaire.

Soit je meurs avant le prochain, soit je reste bloqué à 29 !

Voilà, Gauthier il n'aura pas 30 ans, qu'on se le dise !!!!!!!



Ps: pour la blague, je retourne au collège, je suis contractualisé, il semblerait qu'ils ne puissent pas se passer de moi, pauvres gamins, pauvres parents, pauvres collègues : me revoilà !!!!!!

Pps: il y a 11 épisodes sur mon voyage en Égypte en tout, donc la suite demain, n'ayez pas peur !

lundi 29 mars 2010

Argh

Élève: "Monsieur, c'est vrai que vous êtes gay?"
Moi: "Qu'est ce que ça peut te faire de savoir avec qui je couche?"
Élève: "Tout le monde en parle, donc je voulais savoir, c'est tout..."


...

Ça c'est fait...

...

J'angoisse à peine sur les jours à venir là !

Je vais peut-être aller poser un CV à Macdo...

jeudi 25 mars 2010

Collier de perles

Voici un florilège offert par les élèves de mon collège. Ils sont bons pour une carrière de comiques involontaires !

À l’oral :

Moi (parlant de l’Allemagne nazie) : les homosexuels sont internés dans des camps…
Une élève : ça existait déjà ?
Moi : non, on a inventé l’homosexualité en même temps que le sida dans les années 80 ! mais que t’es con ma pauvre fille…
L’élève : eh ! vous pourriez au moins dire « conne », je suis une fille !
Moi : pardon, alors tu es conne, ça te va ?
L’élève : oui c’est mieux !
(s’en suit un fou rire de ma part de 5 minutes)


Une élève, alors que je leur passe la série documentaire Apocalypse sur la seconde guerre mondiale : mais ils sont pourris les effets spéciaux !
Moi : mais de quoi tu parles ? c’est un documentaire, c’est des vrais gens, qui meurent vraiment sous de vraies bombes !
L’élève : ah… les caméras existaient déjà ? n’empêche, l’image est pourrie, ils auraient pu faire un effort !


Moi à une classe de 5ème : depuis le 13eme siècle tous les rois et reines d'Angleterre sont soumis a la loi par la Grande Charte.
Une élève : mais elle est super vieille la reine alors!
Moi : mais de quoi tu parles ? tu pensais que la reine actuelle avait 800 ans ?
L’élève : ouais, effectivement, c’est pas logique…
Moi : arrête de penser que les vampires existent (elle est fan de Twilight, et je la chambre avec ça à presque tous les cours)
(s’en suit un fou rire de ma part de 5 minutes)


Une élève réagissant au fait que j’ai dit à toute la classe qu’ils étaient incultes : monsieur, on est désolé d’avoir été se plaindre du fait que vous nous ayez traité d’incultes. C’est juste qu’on pensait que vous nous insultiez, en fait on a cherché la définition, ça veut dire « ignorant », et bien vous aviez raison, on est vraiment ignorant !


Moi : quel est le bâtiment qu’on pouvait voir de tout Paris au Moyen Age ?
Un élève : la Tour Eiffel !


À l’écrit :

Q : en quoi le comportement des chrétiens dans Jérusalem paraît « peu chrétien » ?
R : (la bonne réponse était : ils massacrent la population au nom de leur Dieu alors qu’ils sont désarmés) Les Chrétiens faisaient la guerre, maintenant ils ne la font plus, il ne font que boire et faire la fête. Mais je dis ça sans jugement…


Q : définissez Pèlerinage.
R : c’est un voyage religieux pour aller prier des rubriques.


(dans un devoir sur l’Allemagne nazie) Hitler décide d’enfermer les aryens dans des camps pour les tuer parce qu’il a du sang juif dans les veines.



Celles-là c’est pas un de mes élèves, c’est une collègue qui me les a racontées, mais elle m’ont fait hurler de rire :

(dans un devoir sur la guerre froide) on appelle ça la guerre froide, parce qu’elle s’est déroulée dans un climat très froid.


Q : qui est J.F Kennedy ?
R : le premier président noir américain.




Voilà, il y en a tellement que je ne m’en souviens pas, il faudrait que je les note au fur et à mesure, mais ça vous donne une idée de ce que les profs endurent au quotidien. Ça peut être drôle, mais la plupart du temps, c’est tellement affligeant de bêtise que ça m’épuise…

Vous remarquerez que j’ai une façon toute particulière de m’adresser à eux. Et encore là, je ne suis pas en colère, ça peut monter très vite chez moi. Certains collègues et la direction se sont plains de ma façon de m’adresser à mes élèves. Aujourd’hui je leur ai donc demandé s’ils étaient choqués par ma façon de faire cours, ils ont répondu ceci :

"Ah non Monsieur, on adore vos cours, ça change, et on retient mieux quand on s’amuse ! Hors de question que vous changiez quoique ce soit! On s'en fout des autres, continuez! Et on espère que vous allez rester, on ne veut personne d'autre!!!"

J’ai juste envie de dire « dans l’cul la balayette ! »

À une prochaine pour la suite des aventures de Gauthier le prof rock’n’roll…

dimanche 21 février 2010

Parce que c’est facile de se moquer…

Je pourrais vous faire tout un article sur les boulettes et conneries de mes élèves. Mais non, c’est trop facile de se moquer de nos chères têtes blondes, alors je vous propose de rire de quelqu’un d’autre : moi !

Parce que je ne suis qu’un être humain, et des fois (souvent) je suis crevé, pour tous pleins de raisons (principalement parce que je suis en gueule de bois). Oh jetez-moi la première pierre si vous n’êtes jamais allé bosser en rêvant d’une perf’ de Dafalgan et de lexo… Sans quitter vos lunettes de soleil !

Je boulette assez souvent, la plupart du temps les grumeaux ne relèvent même pas. Il s’agit souvent d’erreurs dont j’ai très honte (genre dire que la bataille de Stalingrad a fait 200 000 morts ou encore de dire « l’Axe du mal » au lieu de « l’Axe »… et j’en passe). Dieu merci, ils sont trop incultes pour relever ce genre d’erreurs.

Mais des fois, j’en fait des belles. Comme mardi matin par exemple. J’ai été malade tout le week-end dernier. Au fond du lit avec de la fièvre et tout et tout. Donc quand je suis retourné au taff mardi, j’étais pas frais-frais. Mais bon conscience professionnelle (et surtout porte-monnaie) mon amie s’est rappelée à moi en me disant « sors toi les doigts et va taffer espèce d’épave ».

Je suis pas avance avec mes 3ème, on en est à la seconde guerre mondiale, et alors que j’essayais d’expliquer le pourquoi du comment de l’Armistice français, devant une classe pas du tout passionnée (tu m’étonnes), j’en suis venu à parler de De Gaule.
Italique
Je voulais qu’ils pigent bien le fait que notre cher Général était un peu tout seul sur son île en 1940. Alors, au milieu de rien, comme ça, j’ai bouletté. Tu veux savoir quoi j’ai dit ami lecteur ?

« Il faut bien se rendre compte que le Général De Gaule, il est parti à Londres avec sa bite et son couteau ! »


Forcément au moment où je sors ça, on aurait entendu une mouche péter dans la classe. J’ai donc 28 paires d’yeux de merlans fris devant moi. Une évaporée du premier rang me reprend et dit « mais Monsieur, vous avez dit « bite » ! ».

Tu veux savoir comment je m’en suis (pas) sorti ? Allez, je te lâche la suite parce que je suis gentil (et que c’est un peu le but de l’article) :

« C’est une expression un peu familière qui veut dire qu’il est parti tout seul. Je m’excuse pour mon écart de langage, il est 8h40, et je suis en manque de caféine ».


S’en est suivi un rire étouffé de toute la classe qui a duré une bonne minute, puis mon élève modèle (mais si, on en a tous un, au premier rang, qui se prend pour l’assistant du prof), s’est retourné pour faire face à la classe et a dit « vous avez quel âge ? vous savez tous ce qu’est une bite, certains en ont même une, on peut continuer ? ».

^^

J’aurais pas mieux dit !

A vrai dire, j’en ai des tas comme ça, alors, histoire de pas me sentir seul, chers collègues, racontez moi vos hontes ! Je demande ça parce que je remarque dans les commentaires, et surtout dans les mails, que vous êtes nombreux z’et nombreuses à me lire. Alors j’attends vos com (ça fait pas trop skyblog ? LACHEEEEEEEZ VOS COOOOOOOM’ !)

Sur ce, je vais me faire un bon verre de vin pour fêter la fin de mon week-end. Bonne reprise à tous ceux qui bossent (c’est-à-dire pas ces fainéants de profs ! ^^)

samedi 20 février 2010

De la joie, encore de la joie !

Ça y est, c'est les vacances dans ma zone. Ça veut dire quoi ? Ben que je vais passer 15 jours loin du collège, à m'occuper de moi tout en étant scandaleusement payé ! Rah que c'est bon...

...

Mais en fait pas du tout ! Tu me prends pour qui ? Un vrai prof ? Nanananananan, je fais le même travail, mais je n'ai pas DU TOUT les mêmes avantages (encore qu'on puisse parler de réels avantages, mais bon c'est un autre débat).

Non, moi je suis payé à l'heure, donc quand j'enseigne pas, ben je touche rien. Comme en février, en plus des vacances, j'ai eu le bonheur de voir mes 3ème partir en stage, j'ai donc vu mon salaire fondre de moitié.

Malheureusement, j'ai toujours autant de choses à payer. Au début du mois j’en ai donc parlé au détour d’un café avec une collègue qui m’a dit « mais alors, il faut que tu fasse la classe ouverte ! »

C’est quoi encore me demanderas-tu cher ami lecteur ? Et bien, en ZEP, pendant les vacances, les mioches ils peuvent venir à l’école pur faire des trucs que normalement ils ne font pas. Il y a du sport, du théâtre, des sorties ciné, etc.

Moi je leur i donc proposé, sur la base du volontariat, de venir faire une prépa brevet. Je suis lucide, on est en ZEP, déjà qu’ils viennent pas en cours quand ils sont obligés, alors pendant les vacances…

Et ben détrompe-toi ami lecteur, j’ai 10 gamins inscrits, y compris des gamins d’autres classes que les miennes. J’en revenais pas… (il m’en fallait 10 minimum pour avoir le droit d’ouvrir la classe)

Et voilà comment je me retrouve à aller travailler 26h pendant ma semaine de vacances (une semaine de cours je travaille 19h). Mais bon ça va être plus cool, vu que je vais les faire travailler un peu le matin, et l’après midi on va se faire le musée Grévin, un tour à la piscine et au ciné, un tour dans le centre de Paris… Bref, l’après midi on se promène…

Ça fait râler quand même pour une chose. Je me suis pris des réflexions de la part de certains profs sur le fait que je ne suis pas un vrai prof, que je ne sais pas enseigner, que je ne sais pas parler aux élèves, et tout ça de façon à peine voilée (jusqu’à me dénoncer à la direction). Mais n’empêche que le faux prof qui sait pas s’y prendre, c’est le seul, et je dis bien LE SEUL, de tout l’établissement à s’occuper d’une classe ouverte. Les autres encadrants sont des éducateurs et des employés municipaux.

Alors oui au départ je suis motivé par le fric, mais n’empêche qu’aucun des supers profs ne s’emmerde à perdre une semaine de vacances. Ben oui, ils sont teeeeeeeeeellement crevés, eux. Et moi je suis frais comme un gardon, je n’ai pas eu les mêmes semaines qu’eux depuis la rentrée, non, moi en cours, je dors pendant que les élèves regardent du porno sur leurs portables !

Ça, je saurai m’en servir à la prochaine réflexion du genre :

- Mais comment oses-tu dire ça à un élève ?
- Je dis peut-être aux élèves qu’ils sont « chiants » mais moi je fais des heures supp avec ceux qui sont motivés pour s’en sortir !


Et vlan dans les dents !

Allez, je vais aller préparer mon support pédagogique pour la semaine. Oui, ça se fait pas tout seul ce genre de choses… (« support pédagogique » ? mon dieu, je commence à dire des choses qui me font peur…)

lundi 1 février 2010

Pédale or not pédale ?

That is the question…

J’ai un souci d’ordre pédagogique. Je ne le couche pas ici pour avoir votre avis (quoique…), mais plutôt pour laisser une trace de ce cas de conscience.

J’ai bossé dans des tas d’endroits, public, privé, comme sous-fifre ou cadre, mais je me suis toujours tenu à une règle très simple : je ne parle pas de ma vie privée, ou très peu et uniquement si on me questionne et que je trouve la question pertinente (je me méfie des fausses copines qui viennent chercher le potin à la machine à café pour mieux te démolir après).

Bref, jusque là ça m’a plutôt bien réussi. Quand je dis ça, je parle principalement de ma vie sexuelle. C’est dingue de se rendre compte à quel point être pédé peut gêner les gens, encore aujourd’hui.

Il semble complètement évident de dire que je ne compte pas parader dans ma ZEP. Mais voilà, il y a toujours un mais. Sinon c’est moins drôle. La semaine dernière, je papotais avec une collègue dans la salle des profs, on était seuls, et la phrase suivante m’a échappée « c’est ma faute aussi, j’ai qu’à pas être pédé ! ».

Bon, là ça paraît difficile à imaginer, mais il y avait un lien direct avec la conversation, je lui parlais de la mauvaise ambiance qu’il y avait dans le cabinet politique où j’ai bossé, tout le monde s’accusait de coucher avec tout le monde, et le fait de sucer des bites m’avait desservi à ce moment-là…

Bref, la collègue tique gentiment « qu’est ce que tu viens de dire ? », et je lui répond, un peu rougissant « j’ai pas l’habitude de parler de ma sexualité sur mon lieu de travail, ça m’a échappé, bref, tu ne m’en voudras pas » et on a enchaîné sur autre chose, comme si de rien n’était.

Ça m’a fait réfléchir dans les jours qui ont suivi. Je ne me sens absolument pas en danger de l’avoir dit à cette prof, de toute façon, même si ça vient à se savoir dans la salle des profs, je m’en contrefous. Mais du coup, je me suis demandé « et si tes élèves le savaient ? ».

Et là, je me suis étonné moi-même. Au final, je m’en fous. J’ai 28 ans, et j’ai passé toute mon enfance, adolescence et jeune vie d’adulte à prendre du « pédé » « tapette » ou « tafiole » dans les dents à tire-larigot.

Je pense d’ailleurs que si, aujourd’hui, je suis capable d’encaisser ces cons d’ados au quotidien, ça vient aussi de là. Je me suis forgé une espèce de carapace qui m’aide à dissocier. Quand ils me font tourner en bourrique toute la journée, ce n’est pas parce que je suis quelqu’un qui le mérite, ou que je suis un mauvais prof, c’est qu’ils sont en détresse (et stupides aussi, mais ça c’est autre chose, et pis c’est pas autorisé par le rectorat de leur dire qu’ils sont cons, bref…).

Je sais que beaucoup d’entre eux me détestent déjà, certains me font même des doigts d’honneur quand je me retourne pour écrire au tableau, d’autres m’insultent dans leur barbe (ce n’est qu’une expression, ils n’ont que de l’acné sur le visage), ils se font passer des mots, je ne peux pas tous les attraper, sur certains je dois en prendre plein la gueule…

Et puis j’ai moi-même été élève, et je n’aurais pas assez d’une semaine pour lister toutes les horreurs que j’ai pu dire sur tel ou telle prof…

S’ils me traitent de pédé, ça ne sera même pas pour ma sexualité, c’est l’insulte de base là-bas (je vous rassure, aucun n’a encore osé le faire, je n’en pleurerais pas, mais il aura mal au carnet de correspondance celui qui osera ça !).

Mais s’ils en viennent à vraiment se moquer de moi pour un mot, une attitude, un geste équivoque que j’aurai fait/dit par fatigue et énervement (on atteint très souvent ses limites en ZEP, plusieurs fois par jour même) ? Qu’est ce que je fais ?

J’en parlais ce week-end à quelques membres du vodka club. Tous m’ont dit de surtout faire en sorte qu’ils ne s’en rendent pas compte. Ne serait-ce que pour éviter qu’un élève ne m’accuse d’avoir voulu le toucher ou pire (en même temps, quand tu vois leur gueule, je vous ai parlé de l’acné ? oui, bon, passons…)

J’ai sagement (et professionnellement) répondu que de toute façon je ne m’en cacherai pas, je vais certes pas arriver avec un string en plume rose le jour de la gay pride, mais si jamais ça doit sortir, ça sortira.

L’année dernière, une gamine de 6ème m’a demandé si j’avais un petit copain, puis elle s’est ravisée avant que j’ai le temps de répondre par un « ben non, suis-je bête ! » et elle est partie, me laissant pantois, la bouche ouverte, et une grosse goutte de sueur sur le front…

Ce matin, j’ai surveillé les DS de deux de mes troisièmes. Alors que j’étais en train de m’énerver (comprenez « hurler comme un putois ») pour avoir le silence avant de distribuer les sujets, un abruti (je n’ai pas d’autres mots, je sais que ce n’est pas approuvé par le rectorat, mais là je peux pas faire autrement), un abruti donc je disais, se fend la poire et répète « Silence », en m’imitant.

Toute la classe a étouffé un rire, ne sachant s’ils pouvaient réellement rire ou pas, comprenant aussi sûrement que l’abruti en question avait peut-être exagéré un chouïa…

Je me suis figé et j’ai fusillé du regard l’abruti en question. J’ai obtenu le silence instantanément. Alors vous me direz « mais pourquoi il nous parle de ça ? genre on a que ça à foutre ? »

Déjà je vous répondrai que vous êtes ici parce que vous le voulez bien, alors si je veux faire un article de trois pages pour ne rien dire, je le fais na. Mais en fait non, j’ai une réflexion qui suit. Le fait est donc que le débile en question (oui j’en ai marre de dire « abruti »), m’a imité d’une façon plus qu’efféminée.

Zaza Napoli en ZEP !

On y est donc. Je n’ai rien dit. J’attends de voir ce que ça donne cette semaine. Mais je me suis promis que la prochaine fois que ça arrivait, je relèverai. Et après avoir demandé, avec insistance, pourquoi il avait fait ça, il aurait le droit à un sermon sur la chose, et le (ou les) coupables prendraient une punition exemplaire.

Il est évident pour un adulte que je suis gay, ça se voit comme le nez au milieu de la figure, mais franchement, ces gamins sont trop cons pour le trouver tout seuls…

Alors voilà, si vous entendez parler d’un prof remplaçant brûlé dans une ZEP parce qu’il était pédé, c’était moi !



OUI, MAIS JE MEURS LIBRE ET FIER DE CE QUE JE SUIS !






Ps : j’en fais pas trop non ? ^^

mardi 26 janvier 2010

Histoire de vous tenir au courant

Bon, je sais que je suis pas super sympa avec vous en ce moment. Je n’ai pas fait de « vrai » article depuis un mois. Alors comme ce blog n’a pas vocation à devenir une plateforme d’échange de vidéos, mais que c’est bel et bien censé parler de moi (et surtout de moi), je vais vous raconter un peu ce qui se passe chez Gaugau en ce moment.

Fin décembre, je suis rentré passer les vacances dans le sud, avec en ligne de mire une démission et un déménagement.

La vie à Paris ne me convenait pas. C’est le moins qu’on puisse dire d’ailleurs. Tous les trois jours, j’avais une nouvelle idée à la con « je vais aire des remplacements dans l’académie de Toulouse » ou « je vais travailler à Darty à côté de chez mes parents », et puis « je vais devenir steewart », et enfin « et si je partais faire manœuvre agricole dans le Cantal ? ».

Bref, quand je commence à pondre des idées comme ça, c’est que ça va pas bien du tout.Je suis revenu à Paris avec une énorme déprime. Je me suis rendu compte que mes parents n’étaient pas prêt à supporter une énième de mes idées à la con. En même temps je peux pas leur en vouloir, ils me supporte depuis 28 ans, fallait bien qu’ils me disent non un jour !

Alors il fait quoi le Gaugau ? Il se saoule comme jamais le soir du réveillon. Le réveil fut difficile vu qu’on m’avait cassé la gueule pour me voler mon portable et mon cash (120 euros, ce qui représente une fortune pour moi en ce moment).

Arrivé à Paris, je m’enferme dans mon appart, avec la ferme intention de n’en sortir que pour bosser. Surtout que, histoire d’en rajouter une couche, j’ai appris pendant mes vacances, que mon voisin qui devait déménager le 2 janvier, ne part plus. Donc je suis bloqué au-dessus de ce fou pour une durée indéterminée.

Le lundi, je vais au lycée. J’avais annoncé mon intention de partir à la fin du mois de janvier avant de partir en vacances. A mon arrivée, je tombe sur mon remplaçant. M’auraient-ils prévenus ? Non, penses-tu. Je fais la liaison et je me casse. Je n’ai même pas pu dire au revoir à mes élèves.

Je suis resté très digne dans le bureau de la directrice quand elle m’a fait son discours « je peux pas me permettre d’avoir quelqu’un qui peut me lâcher dans mon équipe, donc je vous ai remplacé ».

Une fois le coin de la rue passée, j’ai éclaté en sanglot.

Je suis resté en position fœtale sur mon lit pendant 24h. le mardi, je me dis « bon mon coc, tu as deux options, tu reste là à te morfondre jusqu’à ce que ton père vienne te déménager de force, ou tu te sors les doigts, une bonne fois pour toute ! ».

J’ai pris mon téléphone, j’ai fait tous mes contacts, même ceux que je ne pensais jamais rappeler.

Trois jours après, j’étais dans un collège de la banlieue nord de Paris. Le rectorat ne m’a donné aucune indication, je ne savais pas où j’allais tomber. Une fois dans le hall du collège, je comprends pourquoi ils me proposent à moi un poste de si longue durée (jusqu’à la fin de l’année normalement). Il y a un palmier dans le hall !

Pourquoi un palmier dans le hall d’un collège peut me filer la trouille ? Et bien tout simplement parce que plus le collège est beau, neuf, suréquipé, plus c’est une ZEP. Et j’avais raison d’avoir peur. C’est une vraie ZEP du nord de Paris. Avec tout ce qu’on peut imaginer dedans (sauf des profs heureux !).

Depuis trois semaines maintenant, je suis donc en charge de classes plus difficiles les unes que les autres. J’ai quand même une préférence pour la troisième insertion. C’est quoi donc que tu te demandes lecteur ? Ben les 3 i (jargon professionnel), c’est des gamins déscolarisé, violents ou tout simplement limité intellectuellement, qui ont donc un niveau de CM2 (et encore pour les meilleurs d’entre eux).

Aujourd’hui pour te donner une idée, j’ai dû faire intervenir une CPE, deux surveillants et le PP de la classe pour les calmer. Je ne pouvais rien faire. J’ai failli foutre ma main dans la gueule d’une gamine de 14 ans qui avait atteint un niveau d’insolence qu’on ne pense voir que dans les films.

Tu as vu La journée de la jupe ?

Ben c’est mon quotidien…

Je devrais déprimer, vouloir mourir, me barrer dans le Cantal (ce qui revient à mourir pour moi), mais non, finalement j’y trouve presque du bon là dedans. Alors soyons clairs que je ne passerais pas ma vie à faire ça. Mais je dois quand même avoir une vocation cachée là-dedans parce que j’arrive à aimer ce que je fais.

Je me sens super utile, pas dans la façon « de toute façon je ne peux que leur faire du bien tellement ils sont cons », mais plutôt « j’enseigne et je suis pas si mauvais que ça ».

Voilà, la vie du Gaugau vite fait. Je ne vous parle pas de mes problèmes de fric, non, Haïti à coté de mon compte en banque, c’est Monaco. Je ne vous parle pas de ma vie sentimentale, Sœur Emmanuelle aurait eu plus de prétendants que moi.

Si je suis vivant, je te referai un point route dans pas longtemps ami lecteur, trice et autre.





Ps : ce soir, je bois ! Na…

jeudi 26 novembre 2009

Je suis pauvre, et alors ?

Ce matin, j’avais rdv au CAS de mon bled pour signer le contrat d’insertion. J’ai beau travailler, je touche toujours le RSA. Ben vi, c’est pas avec 500 euros par mois que j’arriverais à payer tout ce que j’ai à payer (rien que mon loyer, c’est plus de 700 euros !).

Je suis quelqu’un de respectueux et d’ordonné au niveau de l’administration. Je remplis donc mes fiches, je télédéclare, je réponds aux courriers, tout ça à temps, et même avec le sourire des fois. Mais voilà, j’ai oublié de signer ce putain de contrat, alors, hop, plus de sous.

C’est démentiel à quel point ils peuvent être rapide pour sucrer les aides, alors que quand il faut les payer, là, ils sont super rapides et efficaces. Mais bon, on va pas refaire le système hein, on n’est pas là pour ça…

Donc deux mois que je touche plus rien à cause de c’te putain de signature qui manque. Je me pointe donc ce matin avec mon plus beau sourire dans le bureau de la gentille madame qui s’occupe de mon dossier.

Alors que je m’attendais à un « bon, vous cherchez du travail ? bien, signez ici, merci au revoir ! ». J’ai eu le droit à un interrogatoire des plus poussés sur ma vie.

En fait, elle m’a fait parler et parler, histoire que je lui détaille mon budget. Je vous raconte pas la franche rigolade que ça a été quand elle a commencé à noter mes crédits, mes dettes, mes factures de portable ou de bouffe…

Bref elle a tout bien noté, dans un silence presque religieux. Et alors que je commençais moi-même à prendre conscience qu’en gagnant 500 euros par mois, j’en dépensais le quadruple sans aucun problème, elle me sort son air le plus grave et me dit « bon, et la commission de surendettement, vous connaissez ? »

C’est fou ce que j’ai pu me foutre des œillères pour ne pas voir la merde financière dans laquelle je suis. Mais là, avec cette toute petite phrase, j’ai pris conscience que j’étais pauvre…

Vraiment pauvre…

Bon un pauvre qui a 3 comptes en banque, une amex gold, qui bouffe dans des restos à 80 euros le repas et qui peut dépenser 400 euros dans une soirée en boite. Mais un pauvre quand même…

Comment j’ai pu en arriver là ?

Alors voilà, je suis reparti de là avec un formulaire pour demander la CMU, la carte de transport gratuite, et l’assurance que l’état ne fera plus rien pour moi si ce n’est m’inscrire sur un fichier de la Banque de France.

Ben vi, je gagne ma vie, donc je n’ai plus le droit au RSA (oui 500 euros par mois, ça veut dire « gagner sa vie » à sarkoland !).

J’ai le choix, soit je quitte mon emploi et je ne toucherai pas d’aide parce que je serai un fainéant qui lâche un CDI, soit je continue à bosser et, au final, je gagne moins que si j’avais refusé ce poste.

Joie, bonheur, délectation !

Heureusement que je dois me lever tôt demain pour assurer un cours facultatif, sinon je serais déjà complètement saoul en attendant mon dealer…

Le plus produit ? Je ne peux pas sortir ce week-end parce que je dois finir de corriger des tas de copies en vue des conseils de classes la semaine prochaine.

Tu déprimes ? Tu veux boire et te foutre minable ? Tu sais que ce n’est pas la solution et tu cherches un moyen de te divertir ? Fais comme moi, rempli des bulletins avec le sourire…

Je sais pas pourquoi, mais je pense que je vais pas être sympa dans les appréciations, il y a du « réussira… en prison » qui va fleurir !





Ps : oui je suis allé voir Le vilain aujourd’hui, et ce « réussira… en prison », je veux le placer dans un bulletin… Ça m’a fait hurler de rire ! Si tu ne comprends pas, va voir ce film, ça vaut le détour…

mardi 24 novembre 2009

Dieu pour les nuls

Pour ceux qui suivent pas, je rappelle donc qu’en ce moment je suis prof d’Histoire. Bien qu’ayant fait des études assez poussées dans ce domaine, juste avant de bifurquer vers la science politique, je ne suis pas formé pour être prof. Entendez que je n’ai pas le CAPES et encore moins l’AGREG.

En fait l’année dernière le rectorat m’a dit « vous pouvez être prof, démerdez vous ! ». et m’a envoyé dans la fosse au lions avec comme seule formation la phrase de l’inspecteur d’académie qui m’a déclaré apte et qui était « vous êtes apte ».

Comment je suis trop armé du coup…

Bref, je m’en suis pas trop mal sorti. Le plus difficile n’est pas de préparer et de dispenser un cours, non le plus difficile c’est la discipline. Après quelques premières semaines rudes de mon point de vue, je me suis forgé un caractère et j’ai mis au point quelques combines pour tenir en respect mes hordes d’ados surexcités par leurs hormones.

Le deuxième point difficile, où je ne suis toujours pas au point d’ailleurs, c’est la mise en place des évaluations pertinentes pur faire progresser mes gamins et leur faire apprendre la méthode nécessaire à la réflexion et à la rédaction historique. Là je pêche toujours, je pense même que je serai jamais au point.

C’est logique pour moi, et je me rends compte que je n’arrive pas à leur décomposer tout ça pour qu’ils puissent apprendre. Bref, j’aurai été un bon orateur, en fait je suis un bon orateur, pédagogue même, mais pas pour évaluer.

Chacun son truc…

Mais cette semaine, je me suis pris une claque là où je ne l’attendais pas. Que ce soit pour mes secondes ou pour mes premières, le programme d’Histoire est truffé de notions de religions. En seconde, j’ai même un cours entier sur la naissance et la diffusion du christianisme. Je maîtrise on ne peut mieux mon sujet, vu que j’avais entamé, il y a quelques années, une maîtrise sur l’arianisme (ça ne parlera à personne, sauf aux quelques fous qui ont fait des études similaires aux miennes). Bref, juste pour que vous compreniez, il s’agit d’une hérésie de la branche des crises christologiques, c’est-à-dire des débuts du christianisme.

Donc niveau dogme, liturgie, et bondieuseries en tout genre, je suis calé. Le seul problème c’est que mes gosses sont majoritairement issus de familles juives, et n’ont aucune, mais alors aucune culture chrétienne.

Après un avertissement de rigueur en début de cours sous forme de « ici nous faisons de l’Histoire, pas du catéchisme. Tout ce que je vais vous dire dans ce cours doit être interprété de façon scientifique. Que vous croyez ou pas au message de Jésus et de ses apôtres, le propos n’est pas là. On étudie un personnage historique, qui a réellement existé, et son message religieux qui a fondé une des plus importante religion actuelle. On se place en tant qu’historiens et on laisse ses convictions personnelles au placard ! ».

La première phrase de mon cours est « Le Christianisme est une secte juive qui a réussi ». Ça plante le décor non ?

Résumons, voici un florilège des plus belles perles que j’ai eu depuis le début de ce cours :

- Monsieur, Jésus il a vraiment existé alors ? (ça faisait 15 minutes que je leur expliquais que Jésus avait une famille, un père une mère…)
- Mais, la Bible a été écrite par des juifs ? (en parlant de l’ancien testament)
- Jésus était rabbin ? Mais il était juif alors…
- Monsieur Jésus il a pas de père vu que c’est Dieu son père !
- Monsieur comment Dieu il a mis Marie enceinte ?
- Et Joseph, il faisait quoi avec Marie le soir pour qu’elle reste vierge ?
- Attendez… On ne peut pas tomber enceinte en étant vierge…
- Mais on ne peut pas marcher sur l’eau !
- Il est où le corps du Christ ? (je réponds que son corps ne peut pas être retrouvé vu qu’il a ressuscité et qu’il est monté au ciel) Mais alors comment on sait qu’il a existé ? Et puis on peut pas ressusciter…


J’en passe et des meilleures, jusqu’au point d’orgue venant d’une évaporée du fond « Monsieur, vous être en train de foutre en l’air toutes mes convictions religieuses, ça veut dire qu’on me raconte que des conneries depuis que j’ai 7 ans ? Je vais jamais m’en remettre… »

…

Et moi je fais quoi après ce genre de remarque ?

Ben je continue tant bien que mal mon cours en martelant toutes les 2 minutes « je ne suis pas en train de vous dire que c’est la vérité, je vous explique ce en quoi les Chrétiens croient et ce qui fonde la religion chrétienne, prenez du recul ! ».

Je suis épuisé…

Hier, j’ai été obligé de coller toute la classe parce qu’ils s’engueulaient tellement entre ceux qui croient en dieu et les autres, que je n’ai pas pu en placer une pendant 25 minutes !

Le plus drôle ? Je leur fais un devoir là-dessus la semaine prochaine, je pense que je vais avoir besoin de beaucoup, mais alors beaucoup de lexomil pour les corriger…

Je me sens très, mais alors très faible sur ma pédagogie, je ne pensais pas être aussi nul…

Là j’avoue, j’ai échoué, je m’en sors pas, c’est une horreur.

Tant pis, ils avaient qu’à engager quelqu’un qui a tous ses diplômes !

vendredi 16 octobre 2009

Point route

Quatre jours après les faits, on peut dire que j’ai remis ma vie en route. J’ai donc porté plainte, je suis allé acheter une nouvelle serrure et une nouvelle poignée blindée. Grâce à mon voisin (pas le psychopathe, un autre) j’ai pu la monter. Bref, je suis à nouveau en sécurité chez moi, et ça, ben ça fait du bien…

Le truc, c’est qu’en 48h, je me suis fendu 300 euros de tapis, lampe et rideaux. Comme disait la sale môme, hier, quand j’étais en train de charger le « Lampadaire XXL noir » chez casto, « Achat compulsif ! ».

Ndlr : Oui, casto ils donnent des noms de chiottes à leurs lampes, je ne peux pas avoir Rachel et « Lampadaire XXL noir », non il me faut lui trouver un nom digne de mon appartement, et digne de Rachel vu qu’ils se font face… J’y réfléchis et je vous dis ! (ps : pour ceux qui sont là depuis peu, Rachel et le vrai nom d’une lampe que j’ai acheté à confo, véridique, elle est encore vendue, vous pouvez aller vérifier !)


J’ai plus qu’à envoyer les dossiers aux diverses assurances pour me faire rembourser. Je ne sais pas combien de temps ça va me prendre. De toute façon je suis dans une telle merde financière qu’un peu plus ou un peu moins ça ne fera pas beaucoup de différence.

Hier j’ai envoyé les factures du serrurier et de casto à ma banquière, qui m’engueulait pour mon découvert, avec un message qui disait en gros « bon j’ai vraiment des soucis plus importants que mon découvert de 200 euros, alors tu fais comme les autres, tu attends ! ».

Non, mais genre, quand les banques elles ont des découverts c’est de 5 milliards, et moi on me fait chier parce que je dépasse de 200 euros mon découvert autorisé ?????

Fuck !

Dans le même temps j’ai reçu un courrier de mon ancien chef d’établissement qui m’annonce qu’il ne me doit rien parce qu’il m’a gracieusement fait cadeau des nombreuses heures que j’ai loupé à cause de mes pannes d’oreiller (en fait je suis arrivé deux fois en retard d’un quart d’heure sur deux mois, et j’ai assuré mes cours quand même). Et que de toute façon les cours se sont arrêtés le 18 juin et qu’il ne comprend pas ce que je foutais dans l’établissement jusqu’au 25 juin ! Voilà, dans ton cul Jeannette et vole !

Je ne sais pas ce que je vais faire, mais lui je vais pas le lâcher. Surtout que c’est pas comme si j’en avais besoin de son putain de fric ! Surtout que c’est pas lui qui me paye putain, mais l’Etat !

ENCULÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !

Hum…

Je vais peut-être reprendre un Deroxat, je sens que je m’énerve…

Allez, bon week-end les gens !




Ps: quelques photos de mes achats:

mardi 29 septembre 2009

Impasse

J’arrive au terme du délai que mes parents m’ont laissé pour arriver à l’équilibre budgétaire. Ben vi, tout le monde n’est pas l’état français, je n’avais donc pas comme objectif 2012 mais septembre 2009 !

Chiotte…

J’ai donc un mi temps dans un pitit lycée tout tranquille. Je m’y plais bien, quoiqu’on puisse en dire. Ce n’est pas le métier que je veux faire, ce n’est même pas le métier que j’aime faire, mais entre ça et vendre des frites à Macdo, ben voilà, ya pas photo !

J’y resterai bien un peu plus, mais je n’ai pas trouvé de boulot supplémentaire. Bon faut dire que je me suis pas trop fait violence non plus. Je pourrais très bien être serveur ou téléconseiller le week-end et m’occuper de mes gosses de riches la semaine. Mais non. Je ne vais pas faire deux boulots que j’aime pas juste pour gagner ma vie.

Non, moi j’ai besoin d’autre chose pour avancer. J’ai besoin d’avoir un but à court terme. J’ai passé ces 10 dernières années à faire des trucs « en attendant de… », et j’estime que j’ai passé l’âge.

Je ne vais pas m’inscrire à l’Agreg « juste au cas où ». Je ne vais pas travailler dans l’éducation nationale « en attendant des jours meilleurs ». Non, je n’en ai ni la force, ni l’envie.

Soyons réalistes !

C’est comme aller faire un remplacement à Mantes-la-Jolie, non mais ils sont rigolos au Rectorat, moi là-bas ? Mais mon espérance de vie y serait inférieure à celle d’un piéton bourré qui tenterait de traverser le périph’ !

Autant me pointer à un rassemblement de religieux fanatiques habillée en Zaza Napoli gloussant « Et béééééééé, il veut quoi le barbuuuuuuu ? »

Ahem…

Donc voilà, je suis coincé. Soit je fais quelque chose que je n’aime pas doublé d’autre chose que j’aime encore moins, et je tiens le coup en me poutrant un max le week-end et plus si aff, et dans ce cas, je suis mort avant 2010. Soit je jette l’éponge, je vais vivre chez ma mère, et je tiens le coup en me poutrant le week-end et dans ce cas là je suis mort… ben avant 2010 aussi !

Donc j’ai le choix entre deux façons d’arriver à l’overdose fatale incessamment sous pneu !

Je pense que la meilleure solution serait encore d’aller consulter. Histoire de régler mes problèmes d’addiction qui ne sont là que pour masquer une dépression de plus en plus handicapante !

Si j’avais le courage je vous raconterai où en sont mes relations amicales. Mais c’est tellement triste, que je préfère me foutre la tête dans le sable et ne plus y penser.

Bref, comme vous pouvez le constater, le gaugau il pète la forme !!!!!

Il est 3h du mat’, je suis tout seul chez moi, mais je pense que je vais me faire une vodka et un rail en écoutant de la zic toute la nuit, juste pour le fun, parce que sinon je vais m’asseoir dans mon placard et pleurer…

Ndlr : j’envoie mon préavis lundi prochain, qu’au moins si je meure, mes parents n’aient pas trop de loyers en retard à casquer !


Bonne semaine z’à toutes z’et à tous !

mardi 22 septembre 2009

Administration mon amour

J’ai toujours eu beaucoup de chance avec l’administration. Mais cette année 2009 est un très bon cru, non vraiment.

Comme vous le savez, ou pas, l’année dernière j’ai bossé comme prof remplaçant. Ça implique que je me fasse payer par le Rectorat. Et c’est là que ça commence à devenir très drôle.

Un remplaçant, ça se paye à l’heure effectuée, les vacances, les ponts, tout ça c’est pour ton cul ! L’avantage c’est que du coup le taux horaire est limite indécent… Enfin, juste limite, parce qu’après tout quand tu as 7 classes de 4 niveaux différents, je t’assure que tu vois pas beaucoup tes amis !

Bref, comme je suis vacataire, je suis limité à 200h de travail par année scolaire. Logique, sinon ils n’embaucheraient que des gens comme moi et ça en serait fini des fonctionnaires !

L’année dernière j’ai bossé 205h, je sais que les 5h de rab’ elles sont pour mon cul. C’est pas catastrophique, vu que la dernière semaine j’ai quand même passé 80% du temps à faire des activités de fin d’année (DVD, jeux vidéos, jeux de rôles, danse… Enfin ça reste assez éloigné du programme d’histoire !).

Fin juin, je touche 200 euros de paye alors que j’en attends beaucoup, mais alors beaucoup plus. Je fais un peu la gueule. Je téléphone partout, on me répond, limite en me riant au nez, « mais voyons, vous serez payé, plus tard, mais vous serez payé, on est pas des voleurs ! ». Non, t’es juste une incapable connasse, incapable de rentrer mes heures à temps pour que je sois payé !

C’est pas comme si elle avait 70 ans de maison (vu son âge, c’est possible !), donc elle connaît pas les dates butoirs ! Connasse…

Bref, je prends sur moi, je file passer la moitié de mon été chez mes parents pour que je puisse manger autre chose que des pâtes. De toute façon, à moins de me prendre pour Don Quichotte, je ne peux rien faire !

Fin juillet, je suis payé, pas autant que je l’attendais, mais je suis payé ! Je téléphone au Rectorat pour savoir pourquoi je n’ai pas eu toute ma paye et quand je l’aurais. On me répond « j’ai reçu une déclaration comme quoi on vous doit 100h, donc moi je paye 100h ! ».

Le souci c’est qu’ils m’en doivent 127 (en fait 132, mais je m’assoie sur 5h)…

La madame m’explique que c’est l’été, qu’elle peut rien faire, qu’il faut que je me mette en contacte avec mon établissement, mais que je pourrais le faire qu’à la rentrée, vu que là, il n’y a plus personne qui bosse !

Donc je dois attendre fin août, début septembre pour régler le souci, sachant que dans ce cas là, je serais payé avec un mois de retard (au mieux), donc au plus tôt fin septembre, mais sûrement fin octobre.

Ben voyons, pas de souci, j’ai pas besoin d’argent moi !

Je rappelle donc la pintade qui n’était pas capable de rentrer mes heures à temps pour que je sois payé en juin comme tout le monde, pour lui expliquer mon souci. En fait, elle n’a pas accès au dossier, elle ne trouve pas les archives, la directrice n’est pas là, elle ne sait plus où elle a mis son stylo, elle est en descente de LSD… Bref, elle m’a tout sorti pour que je lui dise à chaque fois (donc deux fois par semaine), « ok, je vous rappelle dans 2 jours ».

Un mois que ça dure le bordel, aujourd’hui je suis à bout de nerfs quand j’appelle pour la 157ème fois !

Ndlr : j’ai une capacité à rester poli, c’est dément !


Là, elle me dit « bon, ben je ne comprends pas, on ne trouve pas les heures que vous avez fait ! », Logique, je pointe pas connasse, il suffit de prendre un calendrier et de calculer ! Elle promet de me rappeler une fois que l’ordinateur fonctionnera à nouveau !

Je raccroche en rongeant mon frein, je suis vraiment à bout. Le téléphone sonne deux minutes après :

- Monsieur Gauthier, j’avais demandé au Rectorat de nous accorder un remplacement de 125h, ça couvrait nos besoins!
- Oui, je sais ça, et pourquoi ils ont pas tout payé ?
- Ben, en fait, Mme Ducon au Rectorat m’a renvoyé ma demande d’heure en précisant que 100h suffisaient. Donc tout est normal !
- Attendez, j’ai pas bien compris là… J’ai travaillé 132h chez vous, mais comme le Rectorat n’avait accordé qu’un remplacement de 100h, je suis payé 100h !
- Oui, c’est ça…
- Mais à quel moment vous m’avez dit que j’avais QUE 100h à faire ?
- …
- Je fais comment pour me faire payer ?
- C’est impossible, vous ne pourrez pas vous les faire payer, vous n’êtes pas sensé les avoir faites !


Là j’ai raccroché, parce que je pense que sinon j’allais devenir grossier… Je vais quand même faire une lettre au rectorat, qui restera sûrement complètement inutile, mais franchement, je suis atterré !

Ça vous paraît peut-être léger une trentaine d’heure de travail, mais au tarif actuel, ça me fait quand même quasiment 1000 euros de trou dans mon budget !

J’ai juste envie de m’asseoir et de pleurer…

Et comme j’ai besoin d’argent plus que jamais, je viens d’appeler le service qui me place au Rectorat (c’est pas les mêmes qui payent, ceux là on peut jamais les avoir), et ils m’ont dit que je pouvais aller à Mantes-La-Jolie jusqu’à fin décembre (mais sûrement toute l’année si j’ai de la chance…)

Uhuhuh, Mantes-La-Jolie, mais bien sûr…

Je vais aller poser un CV à Macdo ! J’ai plus de chance d’être encore en vie à la fin de l’année…