mardi 27 octobre 2009

Le Cantal ça vous gagne

J’ai passé le week-end chez mes grands-parents, c’est drôle, il faut que je vous raconte. C’est donc la dernière fois que je dors dans la maison de campagne de mes grands-parents avant qu’elle ne soit vendue.

La maison en question ne possède rien du confort moderne. Il n’y a pas de chauffage, pas d’eau chaude, et les chiottes sont dans l’écurie. Bref, le bonheur quoi. Surtout en octobre dans le Cantal…

J’arrive donc le vendredi soir avec dans mes affaires une énorme couette en plume. Ma grand-mère m’accueille en me précisant que ça fait deux heures qu’elle a mis une multitude de bouillottes dans mon lit et que je ne devrais pas avoir froid.

23h, tout le monde va se coucher, moi y compris. Putain à Paris c’est l’heure où je me lève le vendredi, ça va être dur de dormir. Une fois dans ma chambre, je réalise qu’il fait un royal 9°C. Je vais être bien !!!! Je regarde dans le lit, et effectivement ma grand-mère a sorti l’artillerie lourde. Il y a une bouillotte traditionnelle, et deux briques enroulées dans des torchons.

J’ai donc pour la première fois de ma vie dormi avec deux briques dans mon lit. C’est une expérience intéressante, surtout quand vers 2h du matin tu te retournes violemment et que tu t’éclates le genou sur une desdites briques !

Bref… Je l’ai voulu, j’assume.

Ndlr : en fait j’aurais pu aller dormir chez mon père à 30 km de là qui lui dispose de tout le confort moderne, mais je voulais impérativement dormir une dernière fois dans cette maison !


Finalement tant qu’on ne sort pas un bras ou un orteil du lit, ça va, on n’a pas froid. Par contre c’est psychologiquement intéressant de voir de la vapeur s’échapper de sa bouche dans un froid glacial alors qu’on est au lit bien au chaud…

J’ai passé le week-end à manger, dormir, et trier des vieux trucs. Aucun intérêt si ce n’est mon dimanche après-midi. Mon oncle vient me voir et me dit « il y a des tas de livres au grenier, il faudrait aller les brûler, tu t’en occupes ? »

Euh… « Brûler » et « livre » dans la même phrase c’est pas trop possible chez moi !!!! Il rajoute que de toute façon si je ne le fais pas, il le fera… Ma mère me jette un regard complice du genre « mais si tu peux le faire ! ».

J’avais déjà trié tous les livres que je voulais gardé cet été. Il ne restait normalement que des bouquins sans importance, en double ou bouffés par les rats. Mais je ne peux pas me résigner à les brûler quand même !!!

Je vais donc au grenier, et je sors tous les livres détruits pas l’humidité et les rats, des livres que vraiment on peut rien en faire, certains ne sont même plus entiers. Je les mets dans une caisse, et pars derrière la maison à l’endroit où mon père et mon oncle font un feu de joie de tout ce qu’ils ne veulent pas amener à la déchetterie.

Ndlr : je vous raconte le bilan carbone du week-end au passage. On a brûlé l’équivalent d’un camp de gitan. En même temps, ça fait 200 ans que ma famille entasse du bordel sur 450 m2, donc ça a fini par faire du volume !


Me voilà donc devant le feu, je tiens fermement dans ma main un livre sans couverture. Il est tellement abîmé que je ne peux pas dire ce que ce livre a pu être. Mais je ne peux me résigner à le foutre au feu…

Je reste planté 5 longues minutes qui me paraissent une éternité, et je me lance. Je jette le livre sur les flammes. Quelque chose se sert et se casse en moi. J’ai une larme qui monte. Je me dis que de toute façon ce livre ne mérite rien d’autre à par la poubelle. Et au moment où je surmonte la honte qui m’a envahie, mon oncle passe derrière moi (je ne l’avais pas vu, peut-être qu’il m’observait depuis un moment), il claque des talons, tend le bras et hurle « Her Colonel ! »

J’ai failli lui sauter à la gorge tellement j’ai eu peur !

Et voilà comment un prof d’Histoire a passé une après-midi à brûler des livres pourris. J’aurai vendu mon âme que ça n’aurait pas été pire…

À la fin de la journée, j’ai fait le bilan, j’ai sauvé les 4/5ème de ce qui aurait dû partir en fumée. Mon père me déteste un peu de remplir sa maison avec tous ces livres que je ne lirais jamais. Mais, on ne peut pas décemment demander à quelqu’un de normalement constitué de brûler un livre, même si c’est un roman offert avec les points shell en 1978…

Non mais…

La preuve en image du charnier :



5 commentaires:

LaSaleMome a dit…

mdr ton oncle ! décidemment t'es poursuivi par l'histoire !( et on ne dira pas laquelle !!)

Unknown a dit…

J'étais sûr que ça te plairait...

^^

Mel a dit…

Pov'livres...je suis sûre qu'ils avaient des ambitions beaucoup plus nobles, mais les voilà réduites en cendres...la vie est cruelle...

Enfin, je comprends ton sentiment vis à vis du "brûlage" de livres.

bye, bye!

Tambour Major a dit…

Mein Gott .... Brûler un livre, même une vieille rogne empoussiérée est un acte auquel je ne soumettrais qu'une arme (chargée) pointée sur la tempe. A moins que ce soit un très gentil (et beau) garçon qui me le demande :D

Vieux C... a dit…

je lis et commente avec retard...juste pour dire que détruire un livre est un acte ignominieux...et que cette photo me rend malade...